‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 198 sur 307 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

guère. Maintenant, je ne vois aucun inconvénient à ce qu'on vote le divorce; il servira surtout à ceux qui s'en passeraient. Ce sera un luxe.

Ce n'est pas une opinion, c'est de la fantaisie; les jeunes gens d'aujourd'hui ne sont pas sérieux. En se plaçant à un point de vue humanitaire, il est certain que l'institution du mariage y gagnera en importance.

LUCIEN, riaril.

Vous trouvez?

UOMINOIS.

D'abord il y aura moins de vieilles tilles.

LUCIEN

Vous croyez donc qu'il y aura un plus grand nombre de maris?

DOMINOIS.

Naturellement, puisque les mêmes pourront servir plusieurs fois.

LUCIEN

Je n'y pensais pas.

MADAME DOMINOIS.

Enfin, quoi qu'en pense monsieur, ce sera le seul remède à certaines situations.

DOMINOIS.

Trop fréquentes!

MADAME DOMINOIS.

J'allais le dire.

LUCIEN

Et la vieille gaîté française ! Que deviendra la vieille gaîlé

française? S'il n'y a plus de maris trompés, on ne rira donc plus?

DOMINOIS.

Non, monsieur, on ne rira plus ou on rira autrement.

LUCIEN

J'en ai peur! Quoi! pas même un... imaginaire? Tous divorcés... par bandes.

HENRIETTE

Lucien, tu es très inconvenant.

LUCIEN

Je veux convaincre madame Dominois. (se rapprochant d'elle et à mi-Toix.) Voj'ons, madame Dominois, s'il vous plaisait d'être infidèle à M. Dominois...

MADAME DOMINOIS, minaudant.

Oh! monsieur Lucien! que dites- vous?

LUCIEN

Ne serait-ce pas plus gentil...

DOMINOIS, s; rapprochant.

Permettez.

LUCIEN

De le tromper mystérieusement...

DOMINOIS.

Mais non.

Que de demander l'autorisation au tribunal, et le résultat serait le même.

MADAME DOMINOIS.

Vous me dites des choses,..

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