ACTE PREMIER
guère. Maintenant, je ne vois aucun inconvénient à ce qu'on vote le divorce; il servira surtout à ceux qui s'en passeraient. Ce sera un luxe.
Ce n'est pas une opinion, c'est de la fantaisie; les jeunes gens d'aujourd'hui ne sont pas sérieux. En se plaçant à un point de vue humanitaire, il est certain que l'institution du mariage y gagnera en importance.
LUCIEN, riaril.
Vous trouvez?
UOMINOIS.
D'abord il y aura moins de vieilles tilles.
LUCIEN
Vous croyez donc qu'il y aura un plus grand nombre de maris?
DOMINOIS.
Naturellement, puisque les mêmes pourront servir plusieurs fois.
LUCIEN
Je n'y pensais pas.
MADAME DOMINOIS.
Enfin, quoi qu'en pense monsieur, ce sera le seul remède à certaines situations.
DOMINOIS.
Trop fréquentes!
MADAME DOMINOIS.
J'allais le dire.
LUCIEN
Et la vieille gaîté française ! Que deviendra la vieille gaîlé
française? S'il n'y a plus de maris trompés, on ne rira donc plus?
DOMINOIS.
Non, monsieur, on ne rira plus ou on rira autrement.
LUCIEN
J'en ai peur! Quoi! pas même un... imaginaire? Tous divorcés... par bandes.
HENRIETTE
Lucien, tu es très inconvenant.
LUCIEN
Je veux convaincre madame Dominois. (se rapprochant d'elle et à mi-Toix.) Voj'ons, madame Dominois, s'il vous plaisait d'être infidèle à M. Dominois...
MADAME DOMINOIS, minaudant.
Oh! monsieur Lucien! que dites- vous?
LUCIEN
Ne serait-ce pas plus gentil...
DOMINOIS, s; rapprochant.
Permettez.
LUCIEN
De le tromper mystérieusement...
DOMINOIS.
Mais non.
Que de demander l'autorisation au tribunal, et le résultat serait le même.
MADAME DOMINOIS.
Vous me dites des choses,..