‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 197 sur 307 · DO MINOIS · texte numérisé non relu

DO MINOIS

En lui disant que nous avions l'honneur d'être vos meilleurs amis ; c'est exact, n'est-ce pas?

MADAME DOMINOIS.

Elle doit venir vous remercier aujourd'hui avec le prince.

Et il l'allait que vous soyez prévenue.

HENRIETTE

Je vous avoue que je serai quelque peu embarrassée avec la princesse Serdza. Il me semble que le prince n'est que son second mari et le premier n'est pas mort.

MADAME DOMINOIS.

Elle a divorcé.

LUCIEN

On divorce très facilement en Valachie.

MADAME DOMINOIS, arec un soupir.

C'est un pays privilégié.

LUCIEN, à part.

Elle aussi !

MADAME DOMINOIS.

Faisons des vœux pour que la France jouisse bientôt des mômes avantages.

H ENRIETTE, souriant.

Moi, je n'en ferai pas et voilà pourquoi je serai gênée IV. 18.

318 LKS (ilîANDS KNFAXTS

avec Ja princesse Serdza. Mon esprit se révolte à l'idée d'une union qui ne serait pas indissoluble pour la femme qui s'est donnée, quels que soient les torts du mari.

Voilà une parole de Romaine; mais moi je ne suis que de Carcassonne.

DOMINOIS.

El c'est bien assez !

LUCIEN

Alors, madame Dominois, vous voleriez pour la loi nouvelle ?

MADAME DOMINOIS.

Des deux mains, monsieur, des deux mains.

DOMINOIS.

Et vous, mon cher monsieur Lucien, quelle est voire opinion?

LUCIEN

Je n'en ai pas, je demande à voir.

DOMINOIS.

"Vous ne trouvez pas monstrueuse une union qu'on ne peut jamais rompre ?

Je sais bien que les enfants ne s'amusent vraiment que des jouets qu'ils peuvent casser... demandez à ma nièce Geneviève. Et ils ont beau vieillir jusqu'à en devenir respectables, leurs goûts ne changent pas beaucoup. Mais ce qui fait la supériorité des vrais enfants, c'est qu'ils savent bien ce qui les amuse, tandis que nous, nous ne le savons

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