‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 20 sur 307 · SCÈNE OUATRIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE OUATRIÈME

MONTACABEKE,

Le vide ! le vide ! — Oa me crie : elle éhniffe ; docteur, dégrafez la robe, dégrafez foui. — Je me mets à dégrafer, je dégrafe, je dégrafe, — et alors... Je ne pardonnerai jamais à mon père de ne m'avoir pas fait médecin. — Quel métier, Romanèche, quel joli métier !

R 0 M A N ÈC n E , avec dégoftt.

Tu as frictionné avec la paume de la main ?

M 0 N T A C A I? È R E , avec enthousiasme.

Des merveilles, Joseph 1

Penh!

Quoi, peuh !

Je dis : peuh !

ROMANECHE.

MONTACABERE.

ROMANECHE.

MONTACABERE.

Sapristi ! tu es agaçant avec tes peuh ! tes euh 1 tes hou ! — Je suis méridional, moi, je suis enthousiaste. — J'étais en extase, quand une ouvreuse, plus barbue que les autres, m'interrompt pour m"offrir du papier, de l'encre et une plume. Je reste étonné : — « Qu'ordonne le docteur? »

ROMANECHE, avec un rire méchant.

Ah! ah!

MONTACABERE.

Je n'avais rien à ordonner, moi.

ROMANÈCHE, de même.

Eh : eh !

MONTACABÈRE

On me regardait : on voulait une ordonnance pour le pharmacien. Qu'à cela ne tienne'. Je prends la plume, j'aligne quelques jambages incohérents, je termine par un paraphe extravagant. — Eh bien, mon ami...

ROMANÈCHE

Eh bien?

MONTACABÈRE

Le pharmacien a envoyé quelque chose.

ROMANÈCHE, riant niéchBmment.

Hi : hi ! hi !

MONTACABÈRE

Quoi ? qu'avait-il lu ? que contenait cette fiole ? C'était jaune et vert. — On l'approche des lèvres do la malade, ma vue se trouble, une sueur froide inonde mon front, je m'affaisse sur un meuble et je perds connaissance.

ROMANÈCHE, uvec le même rire.

Hi ! hi : hi !

MONTACABÈRE

On me secoue, je reviens à moi. Cette adorable créature était debout. Elle remerciait son médecin avec un sourire que la confusion rendait plus enchanteur encore. Elle me tendait la main. — Quel métier, quel joli métier! — Et si

lacile . (Il fait une pirouette et va se regarder dans la glace, deTant la rhe-

ininée.) Puis elle réckma une voiture et disparut.

ROMANÈCHE

Sans te laisser son adresse.

Page 1