‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 21 sur 307 · SCENE QUATRIEME · texte numérisé non relu

SCENE QUATRIEME

MONTACABÈRE

Oh ! je l'ai, son adresse ; — j'ai suivi la voiture.

ROMANÈCHE

Tu sais qui elle est?

MONTACABÈRE, devant la cbemime.

Parfaitement, — c'est une cocotte.

ROMANÈCHE

Hein?

MONTACABÈRE, criant.

Une cocotte.

ROMANÈCHE

Pouah !

MONTACABÈRE

Comment, pouah ? Je te dis qu'elle est ravissante.

ROMANÈCHE

Oh !

Ravissante. Des yeux ! des bras ! une taille !

ROMANÈCHE

Eh bien, après?

Montacabère le regarde gravement, lui prend le bras et lui làte le pouls. MONTACABÈRE.

Tu es malade.

ROMANÈCHE

Moi?

3i LE HOMARD

MONTACABÈRE

L'estomac ne va pas ?

ROMANÈCHE, le bousculant et passant à droite^.

Tu te crois mtklecin, maintenant?

MONTACABÈRE

Je t'ai connu aimable et gai.

ROMANÈCIIE.

Gai ! oui, j'ai été gai. Je me demande ce qui pouvait bien m'égayer. Tout est si bête dans la vie 1

MONTACABÈRE

Comment digères-tu ?

ROMANÈCHE

Mal

Ta femme est laide.

ROMANÈCHE

Oh ! laide ou jolie, le nez droit ou le nez de travers, — la différence est si petite. — Mais elle est jolie. Je la trouvais fort jolie, au temps où .. puisque je lui sarrifiai une folle maîtresse.

MONTACABÈRE

La séparation fut pénible?

ROMANÈCHE

Non, nous nous fîmes nos adieux en déjeunant chez Brébant.

* Monlarabèro. Romanècho.

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