ACTE PREMIER
HENRIETTE
C'est ta faute, méchante enfant, tu viens tout en larmes parce qu'une poupée est cassée.
GENEVIÈVE
Alors, tu me pardonnes ? \
HENRIETTE
Oui, chère enfant, je te pardonne.
SUZANNE
Ce n'est pas Geneviève, madame, c'est moi qui ai été maladroite.
GENEVIÈVE
Maman a pardonné.
SUZANNE
Le prince Serdza !
Vous connaissez le prince?
SUZANNE
Je l'ai vu très souvent chez mon père.
DOMINOIS, bas, à Henriette.
Alors il est jugé.
SUZANNE, allant au prince et lui tendant familièrennnl la main.
Bonjour, prince.
HENRIETTE, à la princesse.
Mademoiselle de Rochetin.
LA PRINCESSE
Ah ! mademoiselle, le prince m'a bien souvent parlé de
VOUS. Je ne m'attendais pas à vous rencontrer chez madame de Morangis.
SUZANNE
Je suis ici en voisine, madame.
D 0 iM I N 0 I s .
Suzetle est chez nous en ce moment.
LA PRINCESSE, à part.
Elle est très jolie, cette fillette.
SUZANNE, à Uenrielte.
J'ai eu le plaisir de voir le prince à Vienne, quand j'y suis allée avec mon père ; vous étiez avec le peintre Amati qui m'amusait tant en me racontant ses voyages. Sa femme, une toute jeune femme, s'habillait en homme pour l'accompagner et elle ne manquait jamais d'oublier quelque chose, tantôt sa cravate, tantôt son gilet, tantôt... enfin tout ce qu'elle n'avait pas l'habitude de porter. J'en ai ri bien souvent. Mais j'ai une bonne nouvelle à vous annoncer. II est à Paris, votre ami Amati.
HENRIETTE, à part.
A Paris?
LA PRINCESSE, avec joie.
Vraiment ?
HENRIETTE, s'cfforçanl dèlre calme.
Comment le savez-vous, Suzanne ?
Ce matin, en allant à la messe pour faire plaisir à ma mère...
DO MINOIS, vivement.
Vous n'avez pas à faire plaisir à votre mère en ce moment, son trimestre est passé.