‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 215 sur 307 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LUCIEN, à part.

Ah ! sapristi ! quelle faute ! (Haut.) Elle est merveilleuse.

DOMINOIS.

Si vous étiez un ami sincère, vous la trouveriez extravagante.

LUCIEN

Ah ! mon cher monsieur Dominois !..

Si M. Lucien vous aimait, il vous dirait que vous êtes ridicule avec votre gardénia à la boutonnière et vos cheveux en coup de vent !

LUCIEN

Oh ! madame Dominois !

DOMINOIS.

Regardez madame Dominois, et soyez franc !

MADAME DOMINOIS, le faisant retourner.

Regardez bien M. Dominois et soyez sincère.

DOMINOIS.

Oh ! madame, pas de violences ! Nous n'avons plus que quelques semaines à nous subir, subissons-nous.

MADAME DOMINOIS.

Oui, monsieur, subissons-nous.

LUCIEN

Ouf ! (a part.) On ne peut jamais être à la fois l'ami du mari et celui de la femme, à moins de tromper le mari... et je ne me suis pas engagé à cela.

DO MINOIS, reyenant à madame Dominois.

J'ai une bonne nouvelle à vous annoncer : la loi passera au Sénat !

MADAME DOMINOIS.

Je l'espérais.

Moi j'en suis sûr : j'ai pointe les sénateurs.

MADAME DOMINOIS.

Je les ai pointés aussi.

LUCIEN

Ah bah !

MADAME DOMINOIS.

Il n'y en a que treize douteux.

DOMINOIS.

Cinq seulement !

LUCIEN, riant.

Pas davantage ?

DOMINOIS.

Pas davantage !

MADAME DOMINOIS.

Cependant, comme douteux, nous avons d'abord M. du Plantain.

DOMINOIS.

Oh ! il est brouillé avec sa femme, il ne demandera pas mieux.

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