‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 223 sur 307 · SCÈNE YI LA PRINCESSE, LUCIEN · texte numérisé non relu

SCÈNE YI LA PRINCESSE, LUCIEN

LUCIEN

Vous ne craignez pas de les laisser ensemble ?

LA PRINCESSE

Pourquoi donc ?

LUCIEN

Des rivaux !

LA PRINCESSE

Ce ne sont pas des rivaux, ce ne sont que des maris.

LUCIEN

C'est juste.

LA PRINCESSE

Pourquoi ne m'aviez-vous jamais dit que vous aviez une sœur qui s'appelle madame de Morangis ?

Parce que lorsque je suis avec vous, princesse, je ne pense qu'à vous.

LA PRINCESSE

C'est aimable, mais ce n'est pas une raison. Si vous avez un motif, je le devinerai. Les femmes devinent tout. Mais

ce n'est pas de madame de Morangis que je veux vous parler, c'est de moi.

LUCIEN, très galant.

A la bonne heure !

LA PRINCESSE

Savez-vous que vous m'avez tout à fait compromise à l'ambassade japonaise ?

Si je vous ai causé le moindre souci, j'en suis désespéré.

LA PRINCESSE

Un journal a écrit que vous aviez été pour une très noble et très belle étrangère d'une galanterie que n'autorisait pas son costume; on ne pouvait s'y tromper, j'étais en vestale-

LUCIEN

Le lendemain le journal a rectifié...

LA PRINCESSE

Très sottement. Il a dit qu'il y avait erreur, que ce n'était pas moi.

LUCIEN, souriant.

Cela vous a contrariée ?

LA PRINCESSE

Beaucoup. On va croire que c'est la marquise Papoli, qui était en Minerve. La vérité est que vous avez été très galant. "Vous m'avez même avoué que vous m'aimiez.

LUCIEN

Je vous l'avouerai toute ma vie.

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