ACTE DEUXIÈME
BOLESCO,
Depuis quand? C'esl ainsi que vous avez commencé avec moi quand l'idée vous est venue de rompre.
LA PRINCESSE, souriant.
Vous, au moins, vous n'avez pas été entêté.
Oh! pas du tout.
DOMINOIS, allant à eux.
Nous avons le célèbre Léo Amati.
LA PRINCESSE
Tristan ? Nous venons de le voir.
DOMINOIS.
Avec sa jeune femme.
LA PRINCESSE
Qui est ravissante ce soir, n'est-ce pas, Bolesco?
BOLESCO.
Je l'ai toujours trouvée adorable, moi, madame de Morangis.
DOMINOIS, d'abord étonnt!.
Ah ! oui, la femme de l'artiste. C'est que nous avons une voisine qui s'appelle aussi de Morangis. Ça me trouble un peu, mais je m'y ferai.
BOLESCO.
Mais Tristan m'a dit cent fois qu'il n'avait ni parent ni homonyme en France.
DOMINOIS.
Vous voyez bien qu'il se trompe.
LA PRINCESSE
Tristan, lui, est des environs de Bordeaux.
DOMINOIS, sérieux.
Madame de Morangis aussi.
LA PRINCESSE
Du petit village de Léognan.
DOMINOIS.
Madame de Morangis aussi.
BOLESCO et LA PRINCESSE.
C'est bien extraordinaire.
DOMINOIS.
Et elle ne connaîtrait pas ce monsieur qui porte le même nom qu'elle et qui est du même village ?
BOLESCO.
Voilà qui, pour moi, explique bien des choses ; Tristan a souvent fait allusion devant moi à une ancienne liaison.
DOMINOIS.
Une ancienne liaison !
BOLESCO.
Il en parlait très discrètement.
DOMINOIS.
Nous nous serions trompés à ce point !
LA PRINCESSE
Voyons, Bolesco, vous n'y pensez pas, la sœur de M. de Givrav !
De Givray ! Est-ce bien son nom ?
LA PRINCESSE
Comment, est-ce bien son nom ?
On se fait si facilement noble en France. Ainsi moi, pendant un temps, j'avais mis une apostroplie — D — aiX)slrophe — Ominois. Je l'ai supprimée, parce qu'on ne la remarquait pas.
LA PIIINCESSE.
Non, non, ce n'est pas possible.
DOLESCO.
Ces aventures-là ne sont pas rares à Paris.
LA PRINCESSE
Vous aussi !
^ DOMINOIS.
Des locataires que j'avais choisis, madame! choisis moimême pour avoir des gens du monde.
Madame Dominois parail au bras du prince.