‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 228 sur 307 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

GASTON

Si Lucien vous avait dit ce qu'il sait, que je vous appartiens, qu'il n'y a plus à me prendre ou à me laisser! Je suis à vous.

HENRIETTE

Je vous supplie encore de ne pas me parler ainsi, je vous jure que ce n'est pas généreux.

GASTON, la regardant avec étonnenient.

Pourquoi ?

HENRIETTE

Parce que je suis trop loyale pour ne pas reconnaître que j'étais heureuse de votre amitié. J'aurais dû penser qu'elle pourrait prendre un autre caractère.

Et voilà ce que vous vous reprochez?

HENRIETTE

Je me reproche votre amour pour moi, puisque vous devez en souffrir.

GASTON

Et vous ne trouvez pas autre chose à me répondre?

HENRIETTE

Pardonnez-moi et oubliez-moi.

GASTON

Je ne sais à quel sentiment vous cédez. Je ne peux pas croire que votre résolution soit irrévocable. Ne répondez pas. Quoi qu'il arrive, mon existence à moi est fixée. Vous m'avez dit de vous oublier, comme si je le pouvais. C'est me donner l'ordre de ne plus vous revoir, j'obéirai, (sa retournant vers Lucien.) Mais je voudrais bien ne pas me brouiller avec toi, Lucien.

LUCIEN

Non, non, Gaston, je resterai toujours ton ami.

HENRIETTE, bas à Lucien.

Donne-moi ton bras, Lucien. Je ne veux pas qu'il me voie pleurer.

Us Sortent, GASTON.

Pourquoi me repousse-t-elle ainsi?

DO MINOIS, entrant, à Gaston.

Nous avons le célèbre Léo Amati, le dessinateur à la mode.

GASTON

Je vous en félicite, monsieur.

DOMINOIS.

Il vient d'entrer avec sa femme. Elle est charmante. Les voilà qui passent.

GASTON

Oui, oui, je les vois parfaitement.

Il sort, DOMINOIS.

Il a l'air préoccupé, ce jeune homme.

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