ACTE DEUXIÈME
TRISTAN
Vous oubliez, monsieur, qu'elle porte encore mon nom.
LUCIEN
Il n'est pas nécessaire, monsieur, que vous vous le rappeliez, pour qu'elle reste ce qu'elle a toujours été : la femme de l'honneur et du devoir.
GASTON
Quand vous êtes entré dans ce bal, je venais de parler à madame de Morangis pour la dernière fols.
TRISTAN, affolé.
Elle est ici, dans ce salon?
LUCIEN
Oui, monsieur.
TRISTAN
J'avais cru comprendre... J'ignorais qu'elle était à Paris.
LUCIEN
Elle y est depuis cinq ans.
GASTON
Et je ne pouvais guère deviner que vous veniez parler de VOS droits ou de vos devoirs, puisque vous aviez au bras une autre femme.
LUCIEN, avec éclat.
Votre maîti'esse...
TRISTAN
Monsieur...
GASTON
11 fallait bien te le dire, pour que tu puisses éviter à madame de Morangis le plus cruel des affronts.
LUCIEN, de même.
Votre maîtresse est dans le même salon que votre lemme !
GASTON
Lucien, je l'en supplie, contiens -toi.
LUCIEN, s'animant de plus ea plus.
Et elle porte son nom !
TRISTAN
Je vous prie, monsieur, de ne pas aggraver une situation plus poignante encore pour moi que pour vous.
LUCIEN
.le ne veux pas laisser ma sœur exposée plus longtemps à se trouver en face...
TRISTAN
Vous pensez bien que je ne vous permettrai d'outrager personne.
LUCIEN
J'exige...
TRISTAN
Ne me donnez pas d'ordres.
LUCIEN
Monsieur !...
TRISTAN
Laissez-moi. vous dis-je ! Je sais ce que j'ai à respecter et ce que j "ai à délendre.
Il Mit brusquement au moment où Henrietle paraît. HENRIETTE.
Mon mari !