‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 237 sur 307 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

TRISTAN

Vous oubliez, monsieur, qu'elle porte encore mon nom.

LUCIEN

Il n'est pas nécessaire, monsieur, que vous vous le rappeliez, pour qu'elle reste ce qu'elle a toujours été : la femme de l'honneur et du devoir.

GASTON

Quand vous êtes entré dans ce bal, je venais de parler à madame de Morangis pour la dernière fols.

TRISTAN, affolé.

Elle est ici, dans ce salon?

LUCIEN

Oui, monsieur.

TRISTAN

J'avais cru comprendre... J'ignorais qu'elle était à Paris.

LUCIEN

Elle y est depuis cinq ans.

GASTON

Et je ne pouvais guère deviner que vous veniez parler de VOS droits ou de vos devoirs, puisque vous aviez au bras une autre femme.

LUCIEN, avec éclat.

Votre maîti'esse...

TRISTAN

Monsieur...

GASTON

11 fallait bien te le dire, pour que tu puisses éviter à madame de Morangis le plus cruel des affronts.

LUCIEN, de même.

Votre maîtresse est dans le même salon que votre lemme !

GASTON

Lucien, je l'en supplie, contiens -toi.

LUCIEN, s'animant de plus ea plus.

Et elle porte son nom !

TRISTAN

Je vous prie, monsieur, de ne pas aggraver une situation plus poignante encore pour moi que pour vous.

LUCIEN

.le ne veux pas laisser ma sœur exposée plus longtemps à se trouver en face...

TRISTAN

Vous pensez bien que je ne vous permettrai d'outrager personne.

LUCIEN

J'exige...

TRISTAN

Ne me donnez pas d'ordres.

LUCIEN

Monsieur !...

TRISTAN

Laissez-moi. vous dis-je ! Je sais ce que j'ai à respecter et ce que j "ai à délendre.

Il Mit brusquement au moment où Henrietle paraît. HENRIETTE.

Mon mari !

Page 1