‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 236 sur 307 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Les Mêmes, GASTON, puis HENRIETTE.

GASTON, qui est entré.

Adieu, Lucien, je pars.

Viens, Gaston, je veux le présenter M. Tristan de Morangis, mon beau-frère.

TRISTAN, voulant arrêter Lucien.

Monsieur...

GASTON, stupéfait.

Son mari!...

LUCIEN

On le croyait mort. Mais de M. Morangis revient, au con-

traire, avec les meilleures intentions, ce qui n'est pas l'habitude des revenants. Il va proposer à ma sœur le divorce.

GASTON

Le divorce?

LUCIEN

Oui. Si nos législateurs s'y pi'êtent, et monsieur est persuadé qu'ils s'y prêteront, madame de Morangis deviendra légalement libre.

TRISTAN

N'est-ce pas là ce qu'elle doit désirer?

LUCIEN

Et tu l'épouseras, puisque tu l'aimes!

TRISTAN, violemment.

Lui contesterez-vous, à elle, le droit de se remarier?

GASTON

Monsieur, tout à Theure encore, j'ignorais que vous existiez, et, je n'éprouve aucun embarras à vous le dire: j'aime madame de Morangis, que tout le monde ici croyait veuve.

TRISTAN

Voilà ce que vous osez me dire, à moi?

GASTON

Je suis prêt à vous rendre raison de tout ce qu'il vous plaira d'appeler une injure.

LUCIEN

Permets, Gaston, il n'y a que moi maintenant qui nie le droit de défendre ma sœur.

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