ACTE TROISIÈME
LUCIEN
Oh si! oh si!... Mais en France, dix mois... c'est l'éternité!
LA PRINCESSE
Que voudriez- vous donc?
LUCIEN
Je voudrais vous aimer tout de suite, sans raisonner... en aveugle!
LA PRINCESSE, se redressant avec dignité.
Oh! vous m'avez prise pour une de vos Parisiennes qu'aucune pudeur ne retient? Apprenez, monsieur, que je ne sel'ai jamais la maîtresse de personne, mui!... Je prendrai im mari, deux maris, dix maris!... Des maris... tant que l'on voudra; mais un amant... jamais!... Adieu... mon cher, ne m'accompagnez pas.
Elle sort fière et irriK'C, Dominois est entré depuis un instant. LUCIEN.
Elle ne sei^a jamais la maîtresse de personne, mais elle serait volontiers l'épouse de tout le monde! C'est un nouveau genre de femmes vertueuses qu'on va nous créer.
DOMINOIS.
Un amant, jamais!... Des maris supplémentaires... mais si le mari du lendemain anticipe... je ne permettrai jamais
cela à madame Dominois! (Arrêtant Lucien au moment où il va sortir.)
Je voudrais vous dire encore combien je suis désespéré.
LUCIEN
Je vous ai déjà répondu que c'était inutile.
MADAME DOMINOIS. accourant.
Mon cher monsieur Lucien, je voudrais vous dire encore combien je suis désespérée...
LUCIli:N.
Je vous remercie, madame.
MADAME DO MINOIS
Madame de Moraiigis a bien voulu pardonner à M. Dominois; je n'ai jamais douté, moi...
Je l'ai bien vu.
MADAME DO MINOIS
Je viens de la réconforter par quelques bonnes paroles.
LUCIEN
Voilà qui n'était pas nécessaire.
DOMINOIS.
Je le pensais.
MADAME DOMINOIS.
Je lui ai dit qu'on a souvent plus à souffrir des maris qui restent que de ceux qui s'en vont.
DOMINOIS.
Je crois que c'est pour moi, cela.
MADAME DOMINOIS.
J'ai ajouté...
LUCIEN, sMiemeut.
Le mieux, madame, serait de ne jamais reparler à madame de Morangis de ce qui s'est passé hier chez vous.