‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 282 sur 307 · SCÈNE TROISIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE TROISIÈME

quille. C'est la province ; tandis que l'autre, c'est Paris, c'est le mouvement, la vie, la passion entraînante, la fascination, l'éblouissement.

SAl.NT-HICARD.

Et puis, le mari est entré; grâce à lui, votre héroïne a gardé le charme de la femme qui résiste, en cédant. Vous allez faire des folies. Oh ! si elle était coupable, tout à fait coupable, coupable à. souhait!

ANDRÉ

.le ne me trouverais que plus engagé vis-à-vis d'elle.

S-VINT-HICARD.

Ne croyez pas ça. — Enfin, le mari est entré, — inutilement, au moins, puisqu'il n'a tué personne.

ANDRÉ

Nous nous battons demain matin, au pistolet.

SAINT-lIICARD.

Au pistolet?

Il y est très fort. Mais ce n'est pas à lui que je pense, ni à moi, c'est à la malheureuse jeune femme que j'ai compromise.

SAINT-HICARD.

11 va plaider en séparation ?

ANDRÉ

Non. 11 l'a chassée; il lui a donné vingt-quatre heures pour quitter Paris.

SAINT-HICARD.

En termes plus simples, il la renvoie à sa famille.

4Ô0 L'ALdlKTTK

Elle n"a plus qu'un oncle, qui est trappiste.

SAI.NT-HICARD.

Oh! ce n'est pas une ressource.

ANDRÉ

Et il a eu l'impertinence de me dire, devant sa femme, qui était là, entre nous, plus morte que vive, (Avec nse.) il m'a dit qu'il se bornerait à me casser un bras pour ne la priver qu'à demi du seul soutien qui lui reste.

SAINT-HICARD.

Charmant, ce mari-là.

ANDRÉ, avec rage.

Je l'aurais tué.

SAlNT-HICARD.

Comment l'appelez-vous?

C'est un Américain. Georges Fulston.

s AlNT-ll n; \RD.

C'est madame Fulston ?

ANDRÉ

Vous la connaissez ?

SAINT-H ICARD.

La belle Américaine? Je ne l'ai jamais vue, mais j'en ai beaucoup entendu parler, et si ce qu'on dit est vrai...

ANDRÉ

C'est vrai.

SAlNT-HlCARD.

C'est une femme merveilleuse.

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