‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 57 sur 307 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

BIENASSIS

Je suis tout à toi.

ZULÉMA, eu Bortaiii, à elle-même.

Qui joue de la clarinette?..,

BIENASSIS, lui criant.

Sur un iiai'utonneiTe ! — Un ours....

PONTORSON, allant prendre une chaise.

Veux-tu m'écouter?

BIENASSIS

Je l'écoute, cher ami.

Ils s'assoient.

PONTORSON

Et d'abord, je vais te gronder. — Comment ! Bienassis, tu sais que ton chef de division épouse ma fille et tu ne >iens pas! Il faut que je t'envoie chercher! — Tu ne veux donc pas que je te recommande?

BIENASSIS

Me recommander! oh! non, mon ami, non, ne me recommande pas je t'en supplie !

Pourquoi?

BIENASSIS

Parce que je ne veux pas avancer.

PONTORSON

Bah!

BIENASSIS

Je fais la même besogne depuis vingt ans. — J'entre dans

mon bureau, je pose ma plume sur le papier, elle va toute seule. — Pendant qu'elle court je rv^- livre à mes goûts particuliers. — J'envoie des rébus aux journaux illustrés. — Lis-tu le Coquelicot?

PONTORSON

Non.

BIENASSIS

Un bien bon journal! — Un coquelicot dans un entonnoir...

PONTORSON, rarrotant.

Ainsi, tu es content de ton sort?

Je n'aî qu'un souci, c'est ma femme.

PONTORSON

Ah!

Elle est ambitieuse.

PONTORSON

Noble défaut! — Je n'ai pu la recevoir tout à l'heure.

BIENASSIS

Elle est venue?

PONTORSON

Mais elle reviendra.

BIENASSIS, se levant cl passant à gauche.

Tu vois! lu vois*! Elle vient solliciter! Elle veut me faire

* Bienassis, Ponloison.

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