ACTE PREMIER
BIENASSIS
Je suis tout à toi.
ZULÉMA, eu Bortaiii, à elle-même.
Qui joue de la clarinette?..,
BIENASSIS, lui criant.
Sur un iiai'utonneiTe ! — Un ours....
PONTORSON, allant prendre une chaise.
Veux-tu m'écouter?
BIENASSIS
Je l'écoute, cher ami.
Ils s'assoient.
PONTORSON
Et d'abord, je vais te gronder. — Comment ! Bienassis, tu sais que ton chef de division épouse ma fille et tu ne >iens pas! Il faut que je t'envoie chercher! — Tu ne veux donc pas que je te recommande?
BIENASSIS
Me recommander! oh! non, mon ami, non, ne me recommande pas je t'en supplie !
Pourquoi?
BIENASSIS
Parce que je ne veux pas avancer.
PONTORSON
Bah!
BIENASSIS
Je fais la même besogne depuis vingt ans. — J'entre dans
mon bureau, je pose ma plume sur le papier, elle va toute seule. — Pendant qu'elle court je rv^- livre à mes goûts particuliers. — J'envoie des rébus aux journaux illustrés. — Lis-tu le Coquelicot?
PONTORSON
Non.
BIENASSIS
Un bien bon journal! — Un coquelicot dans un entonnoir...
PONTORSON, rarrotant.
Ainsi, tu es content de ton sort?
Je n'aî qu'un souci, c'est ma femme.
PONTORSON
Ah!
Elle est ambitieuse.
PONTORSON
Noble défaut! — Je n'ai pu la recevoir tout à l'heure.
BIENASSIS
Elle est venue?
PONTORSON
Mais elle reviendra.
BIENASSIS, se levant cl passant à gauche.
Tu vois! lu vois*! Elle vient solliciter! Elle veut me faire
* Bienassis, Ponloison.