‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 6 sur 307 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

l'écrivais, — cela me calmait. — (se levant tout à coup.) Puis, on m'a appris qu'avant son mariage il était aimable et galant comme tout le monde. Alors, j'ai voulu me révolter tout à fait, aller au spectacle avec un autre, dîner au restaurant avec un autre, — car vous étiez un autre, vous. C'était votre mérite,

PROSPER

Je l'ai encore; je l'aurai toujours, — et si votre mari...

HERMINIE, vivement.

Je vous prie de le respecter maintenant.

PROSPER

Je suis prêt à tout pour vivre près de vous. — Voilà un an que je suis son secrétaire, ou plutôt son valet. Les autres ne restent que huit jours. (Avec conviction.) Je peux bien dire que c'est le caractère le plus désagréable...

HERMINIE

Non, monsieur, vous ne le pouvez pas.

PROSPER

Vous en conveniez.

Avant, quand je n'étais pas coupable.

PROSPER

Mais rien n'est changé.

HERMINIE

Une femme qui trompe son mari doit au moins le trouver charmant.

PROSPER

Charmant! lui!

Oui, monsieur, voilà où j'en suis : condamnée à trouver M. Romanèche beau, gracieux et aimable.

PROSPER, s'éloignant adroite.

C'est trop fort I

H E n M I N I E , le suivant.

Et je le trouverai aimable, je le trouverai gracieux, je le trouverai beau, beau !

La porte s'ourre.

PROSPER

Le voici.

Romanèche entre par le fond, avec des livres sous le bras.

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