ACTE PREMIER
MADAME BIENASSIS
El puis il remplit ses fonctions avec une telle supériorité qu'on hésite à le remplacer. N'est-ce pas injuste?
PONTORSON
Si, si, c'est injuste. (On emend le bruit d'une assiette cassée. — A pari.)
Animal! (anut.) C'est un singe auquel je tiens beaucoup,
mais il casse trop. (Reprenant la conversation.) PcUt-être U'a-t-il
pas des droits sullisanis?
MADAME BIENASSIS
C'est un travailleur infatigable. — 11 ne songe qu'cà son administration...
PONTORSON, tri'S galant.
Oh! oh! il est impardonnable, (sienassis passe le bras comme la première fois et montre un plat de prix.) C est SOU dôVOir.
Et S il pouvait être nommé secrétaire de M. le chef de division...
PONTORSON
Mais il y en a déjà un.
MADAME BIENASSIS
M. Momiron! Il est bien malade.
PONTORSON
Ah!
MADAME BIENASSIS
Je fais prendre tous les malins de ses nouvelles : il est bien malade ! Et si vous vouhez dire un mot eu faveur de M. Bienassis, votre compatriote...
PONTORSON
Volontiers... (Nouveau bruit de vaisselle cassée. — Se reprenant.) Je
m'en déferai. — Mais cela lui serait nuisible.
MADAME BIENASSIS
Oh! monsieur!
PONTORSON,, gracieusement.
Les gendres n'aiment pas toujours leurs beaux-pères.
MADAME BIENASSIS
Mais M. de la Picaudière n'est pas un gendre ordinaire. C'est un homme éminent qui s'est fait lui-même. Voilà la vraie noblesse, monsieur! Je ne puis songer sans admiralion que son grand-père était un petit cultivateur, que son père a pu créer la terre de la Picaudière et que lui...
PONTORSON, stupéfait.
Il ne remonte donc pas à Philippe-Auguste?
MADAME BIENASSIS
Philippe-Auguste 1
PONTORSON, déconcerté.
Mais, s'il ne remonte qu'à son grand-père, il ne descend de rien du tout.
MADAME BIENASSIS, à pari.
J"ai fait une maladresse, (naut.) D'ailleurs, madame de la Picaudière aura certainement de linduence sur son mari. Je n'ai pas l'honneur de connaître mademoiselle de Pontorson, mais un de mes parents, qui prenait les eaux à Bourbonne...
PONTORSON. inquiet.
A Bourbonne!