‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 8 sur 307 · SCÈNE DEUXIEME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIEME

ROMANÈCHE

Ma fête !

HERMINIE

Le dix-neuf mars.

R0>1ANÈCHE.

Vous voulez me rappelei' que je m'appelle Joseph.

HERMINIE

Oui.

ROMANÈCHE

Je ne l'oublie pas. Je m'appelais déjà Romanèche ; ils y ont ajouté Joseph. Voilà le patron qu'ils m'ont choisi sur les trois cent soixante-cinq. — Mais je me vengerai. Si jamais j'ai des enfants, ils s'appelleront tous Joseph. (Apercevant p.oi-per.) Ah! vous voilà, vous?

J'ai préparé le travail : « De legihus agrariis ante Gracchos. n

ROMANÈCHE

Les Gracques! Passons aux Gracques, maintenant. Voilà des gens qui sont morts depuis dix-neuf cent quatre-vingtquinze ans, — et le gouvernement me paie pour que je m'occupe d'eux. Pauvre pays!

11 élernue violemment, — Prosper est remonté à gauche. HERMINIE**.

Dieu vous bénisse, mon ami.

* Herminie, Romanèche, Prospcr.

** Prosper, Herminie, Romanèche.

ROMANÈCIIE.

Ce sont vos fleurs qui me font éternuer.

HERMINIE

Ne les gardez pas.

ROMANÈCIIE.

Si, si, je les garderai. Vous me les avez oITerles; je suis trop poli pour ne pas les garder. .le les garderai. Seulement j'éternuerai.

HERMINIE, voulant les prendre.

Si elles vous fatiguent ?

ROMANÈCHE, les gardant.

Elles me fetiguent, elles me fatiguent abominablement. Mais vous me les avez offertes.

Il flernue.

Je VOUS en prie.

ROMANÈCIIE.

Non, non. J'éternuerai ainsi jusqu'à ce qu'elles soient fanées.

HERMINIE

Je suis désolée.

ROMANÈCHE

Vous ne voulez pas que j'éternue ?

HERMINIE

Je ne dis pas cela.

ROMANÈCHE

Alors vous permettez ?

11 éternup violemment en faisant d'affreuses grimaces, mais sans quitter son bouquet.

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