‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 103 sur 308 · SCÈNE PUEMIËRE BRION, DARGIS · texte numérisé non relu

SCÈNE PUEMIËRE BRION, DARGIS

Dargis est assis ;i son bureau de travail. BRION, entrant brusquement et avec joie.

apprends votre retour.

DARGIS.

J'arrive do Bretagne.

RRION.

ous quittez vos clients pour courir la campagne, t vous restez perdu, trente jours, à Quimper!

DARGIS.

avais accompagné ma femme.

En plein hiver 1 ous êtes revenu sans bruit?

* Dargisj Brion.

D A II G 1 s .

Cette semaine.

IJR ION, s'aBseyanl.

Ah! Dari^is! cesl un Dieu clément qui vous ramène. Plaidez-vous aujourd'hui :'

DAKGIS.

Non.

BHION.

Non? je suis sauvé.

DARGIS.

Kl ûv (|uni:'

Dun désastre idiot, d'un pavé Domestique.

DARGIS.

Un procès?

Je plaide avec ma l'enimc.

UARGIS, Otonné.

Qu'esl-il donc arrivé?

li R I 0 N .

Mais rien. On me dilTaine.

DARGIS.

Alors, c'est un procès qui m'inquiète jieu; Vous le gagnerez seul, chez \ous, au coin An l'eu.

I^a cause est aitpeléc! à la sixième chamhre.

DARGIS.

Allons, c'est impossihle!

RRION.

Aujourd'hui, vingt-décembre, J'entrevojais, cnlin, un terme à mes soucis; Mon avocat se meurt, et demande un sursis.

ïiCÈAE l'UK.MlÈUi: 133

On accorde toujours la remise ù quinzaine.

Allcndre encor ;' non, non. Je succombe ù la peine. Le malade veut bien qu'on se passe de lui ; C'est vous qiu plaiderez.

bARGIS.

Moi?

Vous-même.

DARGIS.

Aujourd'hui?

Et vous n'aurez jamais une cause meilleure.

DARGIS.

Vous voulez que je jtlaide, aujourd'hui, dans une heure?

BRION

Dans quatre, cher ami. Je m'y prends assez tôt. Ma cause ne viendra qu'à deux heures.

DARGIS.

11 faut Que je la sache, au moins.

BRlON.

Bah ! c'est toujours la même ; Vos variations sont prêtes sur ce thème. Vous savez si je suis voleur de grands chemins? Mais j'aime le plaisir et le prends des deux mains.

DARGIS.

Des deux mains 1 — Cher ami, vous en parlez à l'aise. Vous êtes marié, Brion, ne vous déplaise.

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