‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 110 sur 308 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

SUZANNE

Vous plaidez !

CLAIHEj simplement.

Dans une heure.

SUZANNE

En séparation ?

CLAIRE

Je crois bien.

SUZANNE, la n^gardant avec étonnenient.

Vous auriez une autre émotion.

Pourquoi? Rien n'est plus simple; un huissier fort honnrie A bien voulu remettre à monsieur ma requête.

BRI ON, s'avançant.

Mais puisque le hasard me permet de vous voir, .l'apprendrai les méfaits qui me rendent si noir.

Ils s'asscyont, excepir- Dar^is.

CLAIRE

Vous n'avez donc pas lu mon exploit?

.le déclare Que je n'ai rien compris à ce procès bizarre.

CLAIRE

11 s'ogit d'un contrat qu'on exécute mal , ■le porte mes griefs devant le tribunal.

DARGIS, souriant '••'.

Il les faut sérieux, et j'espère, madame.

Que Brion n'a pas fait... ce que la loi réetnmc.

CLAIRE

Le code, cependant, a l'extrême bonlé- De dire quelques mots de la fidélité.

* Suzanne, Dargis, Claire, lîrion.

DARGIS, de même.

Oui.

C'est pour rire? — Eli bien, je m'en doutais.

DARGIS, avec vivacUé.

Oh ! certe, ■ Brion a quelques torts.

.Non pas.

CLAIRE, railleuse, montrant Dargis.

Monsieur déserte.

DARGIS, continuant.

Mais vous demandez trop en le voulant parltiit, Vous en conviendrez bien, madame ?

CLAIRE, tirs gaiement.

Tout à fait.

Pourquoi ne pas le dire avant le mariage ? On nous laisse monter gaîment dans un nuage, D'où l'on voit un mimsieiir tendre, immatériel ; Sun habit noir, ]ui-m(:'me, a des tons d'arc-en-ciel !

DARGIS, souriant et s'appuyant sur le rlossier de la cliaise de Claire.

Qu'il ne peut pas garder, madame, quoi qu'on fasse. Ce sont des rihes creux (jue le mari remplace.

CLAIRK.

Comme les cheveux gris qui renijjliiccnt 1(n blonds.

DARGIS, prenant un ton d'-ivorat.

Est-ce donc un amour fade que nous voulons? Brion laissait aller sa vie à la dérive : 11 n'a peut-être pas la tendresse cxpansive. Mais vous êtes, au fond, son seul atlachement.

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