SCENE IV
DARGIS.
Mais elle est revenue.
BRION
Ah!
DARGIS.
Fidèle! fidèle!
Elle me croit garçon.
BRION
Et vous vous plaignez d'elle!
DARGIS.
Comment rompre à présent?
RRION.
Vous n'avez pas rompu?...
DARGIS.
Je l'ai tenté vingt fois, Brion, je n'ai pas pu. Nous avions pris, au fond d'une rue isolée. Un pavillon ; c'est là qu'elle venait voilée, Nous l'avions pour neuf ans.
BRION
Neuf ans !
DARGIS.
Je l'ai toujours.
Que peuvent vos conseils ? que feront vos discours ? J'ai porté le premier le trouble dans cette âme.
BRION
Enfin, mon cher ami, vous trompez votre femme?
DARGIS.
Jamais! c'est maintenant que je comprends l'amour. L'amour sans vil pai^tage et sans lâche détour. Mais je crains un éclat et je vis dans l'angoisse. Ce billet, que j'ai peur d'ouvrir et que je froisse,
11 vient d'elle. On se plaint dans un style aigre-doux
Avec une colère concentrée.
On m'attend, car j'y vais, j'y vais!
Qu'y faites- vous?
DARGIS.
.)o cacho ma Iroidrur sous un pieux scrupule; .le parle du inari...
Vous êtes ridicule.
DARGIS.
Des devoirs, de l'iionneur, du respect de son nom, De toutes les vertus.
BRION
Cela réussit ?
DARGIS.
Non.
Sa passion grandit jusqu'à rcnthousiasme. Mais au moindre sourire, au plus léger sarcasme, .le prends l'aspect d'un marbre et reviens au mari.
.loseph, qui se sauvait, était moins aguerri. Oli! moi, j'aurais cédé pour perdre mon prestige. Il faudra bien conclure.
DARGIS.
Ah! j'en ai le vertige!
BRION
N'exagérez donc rien, pauvre cœur au rebours, Qui restez si dévot à vos vieilles amours.
DARGIS.
Mais ce fatal procès est une autre imprudence. Madame do Brioii inédite sa vengeance;