SCÈNE [V
J'ai bion vu son reyard railleur, j'en ai frémi. Je ne hitlerai pas contre un tel ennemi.
Vos hésitations trahiraient un coui^able : Plaidez pour moi, sans peur, en homme irréprochable. Affrontez hardiment les soupçons ébranlés. Seulement, cher ami, n'oubliez pas vos clés.
DARGIS, allant au secrétaire''".
Mais tout peut me trahir?
BRION
Eh! pourquoi ? la comtesse Perdrait autant que vous à quelque maladresse. Vous avez une femme, elle a bien un mari.
DARGIS.
Heureusement.
Voilà votre plan tout mûri ; Vous lui direz, demain, avec un cri de l'ùmc : « Il sait tout, sois prudente, il te tûrait, l'infâme! »
Prenant son chapeau.
Dargis regarde le billet qu'il tient.
El mamtenant pai'tons. Lisez, lisez d'abord.
DARGIS, aprcs avoir lu.
Ciel !
BRION
Quoi?... que vous écrit la comtesse?
DARGIS.
« Il est mort, » .le t'appartiens. »
Elle est veuve ! c'est votre faute .
* Brion, Dargis.
15i LES RÉVOLTÉES
DARGIS, s' asseyant.
Il est mort!
BRION
Ce mari vous gênait trop, on 1 olo.
DARGIS^ avec ironie et désespoir.
C'était sur lui, Brion, que nous devions compter!
BRION
Il ne vous restera plus rien à respecter.
DARGIS.
Vous ne connaissez point cette passion fauve. Tout m'accable.
BRION, changeant de ton, avec joie.
Mais non. Et cette mort vous sauve, Au contraire.
DARGIS.
Comment ?
BRION
Vous vous rejetterez Sur le deuil du (hM'iint; c'est dix mois d'assurés.
DAKG IS, iiv<'c doute.
Dix mois?
lî R I 0 N .
Mettez huit jours ; c'(îst, du moins, une trêve. Deux heures vont sonner, Dargis, je vous enlève.
DARGIS, se levant.
Je me rends.
BRION
Venez donc.
DARGIS, clK reliant.
Mais je n'ai pas la clé.
BRION
Ah! 1)011.
DARGIS.
Je plaide mal quand j'ai l'esprit troublé.