‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 116 sur 308 · SCÈNE [V · texte numérisé non relu

SCÈNE [V

J'ai bion vu son reyard railleur, j'en ai frémi. Je ne hitlerai pas contre un tel ennemi.

Vos hésitations trahiraient un coui^able : Plaidez pour moi, sans peur, en homme irréprochable. Affrontez hardiment les soupçons ébranlés. Seulement, cher ami, n'oubliez pas vos clés.

DARGIS, allant au secrétaire''".

Mais tout peut me trahir?

BRION

Eh! pourquoi ? la comtesse Perdrait autant que vous à quelque maladresse. Vous avez une femme, elle a bien un mari.

DARGIS.

Heureusement.

Voilà votre plan tout mûri ; Vous lui direz, demain, avec un cri de l'ùmc : « Il sait tout, sois prudente, il te tûrait, l'infâme! »

Prenant son chapeau.

Dargis regarde le billet qu'il tient.

El mamtenant pai'tons. Lisez, lisez d'abord.

DARGIS, aprcs avoir lu.

Ciel !

BRION

Quoi?... que vous écrit la comtesse?

DARGIS.

« Il est mort, » .le t'appartiens. »

Elle est veuve ! c'est votre faute .

* Brion, Dargis.

15i LES RÉVOLTÉES

DARGIS, s' asseyant.

Il est mort!

BRION

Ce mari vous gênait trop, on 1 olo.

DARGIS^ avec ironie et désespoir.

C'était sur lui, Brion, que nous devions compter!

BRION

Il ne vous restera plus rien à respecter.

DARGIS.

Vous ne connaissez point cette passion fauve. Tout m'accable.

BRION, changeant de ton, avec joie.

Mais non. Et cette mort vous sauve, Au contraire.

DARGIS.

Comment ?

BRION

Vous vous rejetterez Sur le deuil du (hM'iint; c'est dix mois d'assurés.

DAKG IS, iiv<'c doute.

Dix mois?

lî R I 0 N .

Mettez huit jours ; c'(îst, du moins, une trêve. Deux heures vont sonner, Dargis, je vous enlève.

DARGIS, se levant.

Je me rends.

BRION

Venez donc.

DARGIS, clK reliant.

Mais je n'ai pas la clé.

BRION

Ah! 1)011.

DARGIS.

Je plaide mal quand j'ai l'esprit troublé.

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