‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 128 sur 308 · SCÈNE IX BRION, DARGIS · texte numérisé non relu

SCÈNE IX BRION, DARGIS

B R I 0 N , entrant timidement.

Avez-vous vu ma femme ;'

DARGIS.

Elle me quitte.

Eh bien! chantons l'épi thalame!

Je sais tout; j"ai gagné, j"ai triomphé, merci.

DARGIS.

Brion, vous avez bien ma clé?

BRION, la lui remettant.

Cher, la voici.

Dargis la prend et court au petit meuble, sans écouter Brion*

J'entrais au tribunal, l'esprit à la torture, Quand j'ai su mon succès; j'ai pris une voiture, Et j'ai couru ciiez moi, chez ma femme, chez nous, Enlever le portrait, objet de son courroux. Je veux que ma maison respire l'allégresse ! Je suis aimé, Dargis, on plaidait par tendresse.

DARGIS.

Celte clé n'ouvre point.

BRION

Bah!

DARGIS.

Ce n'est pas ma clé.

Dargis, Dnon.

Driiui, Durais.

Si, vraiment.

DARGIS, essayant encore d'ouvrir.

Non, non, non.

BRION

Ah ! triple écervelé !

C'est madame Dargis qui m'a fait cet échange.

DARGIS.

Ma femme!

BRION

Elle a pris l'autre.

DARGIS.

Ah!

Tombant sur un fauteuil.

Suzanne se venge, Elle sait tout.

BRION

Eh bien, vous gagnerez aussi.

DARGIS.

Avec votre procès, la guerre entrait ici. Ma femme veut partir, elle part.

BRION

On proteste.

DARGIS.

Non, elle a mon secret, que m'importe le reste? Mon rôle me pesait comme une lâcheté; 11 vaut mieux en finir.

BRION

Oli ! je l'aurais tenté.

Mais j'ai trouvé chez moi des Icllros de Laurence. Douze billets charmants me peignent sa souffrance Et l'amour formidable où je suis enferré. On en rirait. Eh bien, ce soir, j'en ai pleuré.

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