SCÈNE X
Je n'avais plus chez moi qu'un pauvre portrait d'elle. Et je vais le cacher. — Avouez qu'elle est belle.
DARGIS.
Ce cadre?... c'est le mien.
BRION
Voyez.
DARGIS, montrant le meuble.
Je l'avais là Pour le rendre.
BKION.
Allons donc, c'est Laurence.
DARGIS.
Paula.
Madame de Saint-Preuil.
DARGIS.
Madame de Valdonne.
Voyez.
DARGIS, se leyant et regardant de plus près.
C'est la comtesse.
BRION
Eh non, c'est la baronne.
DARGIS.
Mais ce portrait maudit qui me brûle les doigts, Je l'ai depuis deux jours.
BRION, le reprenant.
Je l'ai depuis six mois.
DARGIS.
Vous pouvez lire, au dos, dix lignes d'épigramme.
BRI ON, le retournanl et le lui iiionlrant.
Non.
DARGIS, stupéfait.
Nous en avons deux.
BRION
C'était la même femme.
DARGIS.
La même!... Elle a deux noms.
Deux honneurs naufragés!
DARGIS.
Et deux appartements!
Il s";issie<l.
BRION
Et tant de préjugés!
Il s'assied.
Laissez-moi me remettre un peu de cette chute.
Mais alors je serais l'époux qu'on exécute?
C'est donc moi, pauvre ami, que vous respectiez tant?
DARGIS.
Cette femme est un monstre.
BRION, 36 levant et sautant de joie.
Ah! que j'en suis content!
DARGIS.
Vous aviez un sot rôle.
BRION
Un peu moins que le vôtre.
Riant aux éclats.
nous n'en dormions plus, Darj^Ms, ni l'un ni l'autre Je viens de m'attendrir en lisant son recueil, Et vous alliez porter, pendant dix mois, mon deuil.
DARGIS, qui reste toujours abattu.
Qu'ai-je à faire, à présent, de celte découverte? Il est trop tard.