‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 130 sur 308 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

D R 1 0 N , rayonnant.

Trop tard ! C'est une porte ouverte, Une faute passée à l'état de leçon.

Je me sens, tout à coup, léger comme un pinson. Les femmes au cœur chaste, il faut qu'on y revienne, Mon ami, tout est là ; moi, j'adore la mienne.

DARGIS, se levant.

Vous?

DRION

Rogardez-moi donc. Je me sens tout en feu. La pureté, le bien, le printemps, le ciel bleu. Les larmes, les candeurs, les phrases étouffées, Les rêves de vingt ans me viennent par bouffées.

DARGIS.

Nous pardonnera-t-on jamais?

DRION

Pardonner? quoi?

Je suis parfait.

DARGIS.

Brion, vous étiez comme moi.

Le stupide jouet d'une odieuse ruse ; Pensez-vous qu'une femme admette cette excuse?

DRION, se promenant d'un air rie triomphe.

Nous prenons, tous les deux, un air qui me confond ; Et ce sont à présent nos femmes qui s'Bn vont ! Nous ne sommes donc plus les maîtres de personne? Nous abdiquons, alors?

II sonne.

DARGIS .

Que faites-vous ?

DRION

Je sonne .

J'ai fait le mal, Daigis, je vais le réparer.

A un domesUqne.

Vous prierez de ma part ces dames de rentrer.

Le domestique sort.

On nous quitte, on s'en va, pour une peccadille ! Est-ce que c'est permis ? que devient la famille ? Et l'ordre social et notre autorité ?

DARGIS.

Que voulez-vous, Brion ?

BRION

Dicter ma volonté.

Quand on est vertueux, tout est facile, on ose. Et vous allez me voir : je serai grandiose !

Claire entre gravement, suivi de Suzanne, qui a pris son cliapeau jour partir.

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