‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 139 sur 308 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

CHARLY

Du vrai monde?

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Nous avons loué un petit hôtel aux Champs-Elysées, où l'on se rencontre en cachette. Cette dame met des voiles, pour que la hvrée ne la reconnaisse pas. La confiance s'en va, monsieur Charly.

CHARLY, riMiietlant un reçu.

Nous voilà en règle, mon bon Joseph. Je vous remercie de vos renseignements. Je suis fixé. M. de Mauves est amoureux d'une femme du monde; il peut y avoir procès, scandale, séparation.

JOSEPH

Eh bien! j'ai un principe, moi. Je ne suis pas un prêteur ordinaire; il faut que j'établisse mon crédit sur des bases spéciales. Un de mes clients se marie, on met la maison sur un grand pied, très bien. Ces dépenses-là se chiffrent, il me suffit d'avoir vu la femme et d'avoir examiné les chevaux pour établir à quelques mille francs près le budget du ménage. Je me dis : mon client peut aller. Après quelques mois de ^ménage, il revient à ses anciennes maîtresses, des maîtresses courantes plus ou moins dispendieuses, je connais les tarifs; c'est à prix marqué, pas d'imprévu. Je fais mon calcul et je me dis : mon chent peut aller. Mais une vraie passion, pour une vraie femme du monde, je ne fais jamais crédit dans ces conditions-là.

JOSEPH

Il m'elfraie... M. le comte a en province un bcau-pcre très riche.

CHARLY

Le marquis de Lubcrsac. J'ai écrit dans le pays : cent mille livres de rente au soleil ; mais une santé excellente.

JOSEPH

Ah diable!

CHARLY

Mon ancien client. Un si joli débauché autrefois, maintenant calme et vertueux. Il vivra cent ans.

JOSEPH

Vous ne pouvez pas me faire entrer au club tout de suite?

Je le voudrais, (on s^nne.) C'est votre maître, (joseph son.) Il est très intluent au club, le comte, et je ne voudrais pas lui déplaire. (Regardant.) Ce n'est pas lui, ce sont des amis du club.

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