ACTE PREMIER 18ô
CHARLY, écrivant sur un carnet.
Le banquier des décavés. On ne veut pas avouer à sa mille qu'on perd; on n'ose pas emprunter ouvertement; 1 vient à moi et j'ai mes petits bénéfices, naturellement.
Vous faites fortune?
CHARLY
Oh! fortune! Qu'appelez-vous fortune? J'ai pu acheter uelques petites fermes auxquelles, par reconnaissance, ! donne le nom de mes principaux clients. J'ai la ferme Q Mauves en Picardie. — Votre dividende s'élève à cinq înt soixante-dix-sept francs quatre-vingt-quinze centimes.
JOSEPH
Gardez les fonds. Je vais vous confier encore trois mille 'ancs.
CHARLY
Mais vous n'allez pas mal, vous?
JOSEPH
Je vais assez bien. Monsieur n'est pas minutieux : il aime 3S chiffres ronds.
CHARLY
Et vous arrondissez... Je l'aime beaucoup, moi, votre naître, mais il ne suit pas mes conseils; je lui dis toujours : lonsieur le comte, vous vous modérez dans le gain et ous vous emballez dans la perte ! C'est le contraire qu'il audrait.
JOSEPH
Monsieur est en déveine?
CHARLY
Une déveine épouvantable.
Je n'ai pas à craindre pour mes gages?
18'i LE CLUB
Pas encore. II y a ilo la surface. Seulement M. de Mauves a encore perdu hier quinze cents louis contre M. de Savenay. Il va me les demander, connue à l'ordinaire.
JOSEPH
Et vous les refuseriez?
Je me tâte.
JOSEPH
Vous oseriez?
CHARLY
C'est plus facile qu'on ne s'imagine avec ces hommes du monde. On leur dit qu'on n'a rien, ils ne le croient pas. Mais on leur offre de se saigner pour eux. et ils refusent toujours.
JOSEPH
C'est un trucl
M. le comte est toujours avec Nadèje?
JOSEPH
Pas (lu tout. Nous avons rompu avec mademoiselle Nadèje.
CII ARLY.
Depuis quand?
Depuis trois semaines.
CHARLY
Et maintenant?
JOSEPH
Maintenant nous sommes amoureux.
CHARLY
De f|ui?
JOSEPH
D'une femme du monde.