‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 141 sur 308 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MAXIME

Je te les paierai.

PIDRAC, s'asseyanl.

Jockey, va!

Ces messieurs ne désirent pas d'autres renseignements?

ABEL

Non, illustre Charly, non.

Charly sort.

MAXIME, à Joseph.

Annoncez messieurs de Pibrac, Abel de Born et Maxime Chambois.

JOSEPH

C'est que M. le comte a négligé de me prévenir et je ne l'ai pas réveillé.

A trois heures!

JOSEPH

M. le comte est rentré du club très tard ce matin.

ABEL, avec un effroyable bâillement.

Pas plus tard que moi, et je suis debout.

MAXIME, sèchement au valet de chambre.

Il s'agit d'une affaire ui'gente, allez.

JOSEPH, s'inclinant.

Bien, monsieur.

Il sort d'un air désolé.

MAXIME, de mauvaise humeur.

Est-ce que Fernand a envie de nous faire attendre ?

Voyons, ne vous emportez pas.

MAXIME

Je ne m'emporte pas. Seulement nous avons à régler les conditions d'un duel : le comte est témoin comme nous ; nous avons l'amabilité de nous réunir chez lui...

PIBRAC

Il fallait bien se réunir quelque part.

MAXIME, avec colère.

Je vous dis qu'il devrait être là.

PIBRAC

Quel rageur!

Et d'abord est-il averti?

PIBRAC

C'était entendu, et je le lui ai rappelé par une dépêche.

MAXIME

C'est qu'on dirait vraiment qu'il n'habite plus son hôtel.

PIBRAC

Fernand ?

MAXIME

Dame ! Voyez cette collection de lettres non décachetées.

ABEL, à moitié ondorini sui' lo canapé.

Ce sont des lettres de sa femme.

Bah!

ABEL

Elle est à Étretat. (Bâiuant.) Elle lui écrit tous les jours.

PIBRAC, indigné.

El il n'ouvre pas ses lettres?

ABEL, changeant de position pour mieux s'étendre.

Il sait ce qu'elles contiennent, et Joseph, qui est 1res in- Idliyent, ne les lui remet môme plus, il les range.

PIBRAC

Par exemple !

ABEL

Et puis, il ne pense plus qu'à la jolie baronne.

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