‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 142 sur 308 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Quelle baronne?

A B E L , se levant sur son séant.

Ah çà! Pibrac, que faites-vous au club? Vous ne jouez pas, vous ne fumez pas, vous ne lisez pas, et vous ne savez pas les nouvelles.

PIBRAC, avec douceur.

Mon ami, je ne vais au club que lorsque madame de Pibrac me boude, je m'y ennuie horriblement, et je n'entends jamais ce qu'on y raconte.

ABEL

Eh bien ! mon bon Pibrac, on raconte que notre ami Fernand s'est pris d'une passion i'oUe pour la jolie baronne de Morannes.

PIBRAC

Ah bah!

-MAXI M E .

Cela vous étonne?

PIBRAC

Je tombe des nues.

ABEL

La baronne a des yeux noirs qui expUquent tout.

PIBRAC

Madame de Mauves a des yeux bleus.

ABEL

Il y a une chanson là-dessus :

Les yeux bleus à la fenêtre, '

Portes closes les yeux noirs

MAXIME

Enfin, je ne trouve pas régulier, moi, que même pour une querelle de bal masqué, Fernand serve de témoin à l'adversaire de son mari.

Oh ! le mari ! Il lest si peu ! La baronne s'est mariée à dix-huit ans; elle a plaidé en séparation deux ans après, le l*^'" avril 1874, et depuis ce temps-là on ne s'est jamais revu. Le baron est un philosophe. D'ailleurs Fernand n'avoue pas sa passion, au contraire!

MAXIME, avec colère.

J'émettais une opinion.

ABEL

J'en émettais une autre.

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