‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 144 sur 308 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

FERNAND

Vous y êtes tout à fait.

P I B R A C , vivement.

Mais nous disons que c'est un duel politique.

MAXIME, derrière le canapé.

Comment, politique ! On s'est querellé violemment devant deux cents personnes à propos d'un domino rose, et vous voulez y voir de la politique !

On peut en voir partout ; d'ailleurs vous comprenez bien que je n'aurais pas accepté d'être témoin dans un duel pour une cocotte.

FERNAND

Une cocotte! on ne sait pas... puisqu'elle était masquée.

PIBRAC

Raison de plus. Je suis marié, moi.

FERNAND

Moi aussi, parbleu !

PIBRAC

Vous, ce n'est pas la même chose.

FERNAND

Pourquoi donc?

PIBRAC

Vous connaissez madame de Pibrac ?

FERNAND

Et je la trouve charmante.

Elle me boude depuis deux jours.

FERNAND

Que vous reproche-t-elle ?

Rien. Mais jai un ami qui a enlevé une figurante des Variétés.

FERNAND

Eh bien ?

PIBRAC

Eh bien ! quand mes amis commettent une faute, madame do Pibrac me fait une scène.

FERNAND

Ne vous plaignez pas devant moi ; je vous disais toujours : « Pibrac, n'épousez pas une femme nerveuse. »

Je n'aime pas les autres.

FERNAND

La belle raison ! Voyez madame de Mauves: douce, calme, inaltérable, admirant paisiblement, avec sa respectable grand'mère, les couchers de soleil d'Élrelat. Aussi quel excellent ménage que le nôtre !

PIBRAC

Excellent pour vous.

FERNAND

Que voulez-vous de plus?

JOSEPH, entrant. Pibrac se love.

Madame de Pibrac est venue prendre des nouvelles de madame la comtesse; elle fait demander à monsieur le comte s'il peut la recevoir ?

PIBRAC, étonné.

Ma femme !

FERNAND, à Joseph.

Faites entrer.

MAXIME

Eh bien ! et notre affaire?

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