ACTE PREMIER
Ne VOUS gênez pas, je suis garçon, (souriant.) Le voilà rendormi.
MAXIME
Cet animal-là dort ainsi toute la journée.
Eh! eh! ce n'est pas si bête. Il dort le jour. Et la nuit, quand la partie est engagée, quand les joueurs sont sur le flanc, il apparaît frais, dispos, lucide, et il met toutes les banques en déroute.
Il ofîre des cigares qu'il a pris sur une console. MAXIME.
Il ne s'agit pas d'Abel.
FERNAND
Mais réparons le temps perdu. Avons-nous quelque chance d'arranger l'affaire?
M A X I iM E .
Aucune.
FERNAND, à Pibrac.
Acceptez donc un cigare.
PIBRAC
Merci. Madame de Pibrac ne veut pas que je fume.
M. de Savenay admettra- 1- il l'épée?
FERNAND
Parfaitement, bien que M. de Morannes y soit de première force. — Combien de fois a passé le prince Ariel, cette nuit?
MAXIME
Dix-sept fois.
FERNAND
C'est comme une gageure. Je ne jouerai jamais avec lui tant qu'il aura Carminette. Maigre et rousse ! Je suis sur que c'est un fétiche.
ABEL, sur le canapé, se redressant.
Je m'en doutais.
FERNAND
N'est-ce pas ?
ABEL
Je la lui enlèverai. Où demeure-t-elle ?
FERNAND
52, rue Tronchet.
ABEL
Merci.
Il sp retourne pour dormir.
MAXIME, se levant.
Nous ne sommes pas ici pour causer de Carminctte. (Aiiam il Abeict le secouant.) Abcl ! Abcl ! tu as unc uiission à remplir.
ABEL
Une mission ?
MAXIME
Tu es témoin du baron de Morannes.
ABEL
Parfaitement 1 parfaiteinml !
FERNAND
Vous savez de quoi il s'agit ?
ABEL
Histoire de femmes.
FERNAND
Vous y voilà.
Cela s'est passé au club.
FERNAND
Non, cela s'est passé au bal costumé du prince Ariel.
ABEL
A propos d'une femme masquée.