ACTE PREMIER
Rien n'est plus simple. J'aime assez ce dénouement, moi. On m'aurait forcé à me lever à l'aube, de la table du baccara, pour aller sur le terrain. Je déteste ça. (Recommençant à rire.) Et puis, c'ost uuo si bonuc histoire à raconter!
Ne riez donc pas ainsi, Abel, vous êtes irritant.
A B E L , regardant Fernanil en dessous.
Ah diable!
Le valet de chambre apporte le papier, l'encrier et les plumes. PIBRAC , s'ass°.vant.
Soyons sérieux, s"il vous plaît.
MAXIME
11 faudrait au moins prévenir Savenay.
FERNAND, se levant.
Je m'en charge.
ABEL, souriant.
Oh! oh!
FERNAND
Je vais chez lui. J'ai d'ailleurs à lui parler. Laissez le procès-verbal sur cette table, je le signerai en rentrant.
ABEL, s'emparant gravement de Fernand et lui prenant le bras.
Un mot, cher ami.
FERNAND, étonné.
Je vous écoute,
ABEL
Ne cherchez pas querelle à Savenay.
FERNAND
Pourquoi cette recommandation?
Parce que je vous trouve beaucoup moins calme que le mari.
Que voulez- VOUS dire?
ABEL
C'est dans la nature des choses, d'ailleurs.
Je ne vous comprends pas,
ABEL
Tant mieux, et je ne vous demande pas vos secrets. Seulement votre voiture s'arrête bien souvent devant la même porte, et vous avez un cocher qui rougit quand vous êtes en bonne fortune. Surveillez ce gaillard-là.
FERNAND, brusquement.
Je vous remercie.
Il sort à gnurhc.