ACTE PREMIER
UOGER.
El de quelle façon ?
PIBUAC.
On te fait des excuses.
HOGEK, st.4iel;iit.
Bah!
PIDUAG
Il ne veut pas se battre jjour .sa femme.
IIOGEM.
Sa femme !
PIBHAC.
Oui, sa temme. Maintenant que tu es au courant, va- t'en.
ROGER
Ce domino qui m'a si étrangement intrigué pendant toute une soirée...
PIBRAC
C'était madame de Morannes. Va-t'en.
ROGER
Mais elle connaît ma \ie comme moi-même.
PIBRAC
Tant pis pour toi !
ROGER
Elle lit dans ma pensée comme dans un livre. Elle m'a tenu des discours à me donner le cauchemar.
PIDRAC.
Elle en est bien capable.
ROGER
Elle était à Étretat, il faut qu'elle m'y ait suivi; il faut qu'elle m'ait vu un jour descendre par la falaise...
PIBRAC
Pour rencontrer madame de Mauves.
218 LECLUD
ROGER
C'est faux. Qui t'a dit cela ?
Tu vois que je sais tout.
ROGER
On t'a trompé.
PIBRAC
Veux-tu nier avec moi ? Tu as commis à Étretat un acte insensé.
ROGER
Eh bien, oui. Elle m'a ordonné de repartir: je lui ai obéi, j'ai eu tort. Paris sans elle me paraît vide et bète. Elle a été cruelle. Je l'avais suppliée de revenir aiijourd'iiui pour la fête que donne ma belle-sœur.
PIBRAC, étonné.
Ah !
ROGER
Je l'aurais vue toute une nuit, j'aurais entendu sa voix. J'aurais pu, tout bas, au milieu de lu foule, lui diic que je l'aime. J'avais espéré qu'elle viendiait.
PIBRAC
Et tu l'aurais coni])roini.scl licnonce à un ciipi'ice quo rien n'excuse chez un homme tel (jue toi.
Tu chéris ta femme dévotement, cela le sullil, et (|uand je t'avoue (jue j'aime madame de Mauves, cela ne représente pas grand'chose à ton esprit. Eh bien! je donnerais tout, tout, entends-tu? pour qu'elle fut à moi, ne fût-ce qu'une heure.
riBRAC
Et lu crois l'aimer, parce que lu la désires.