JEANNE, ROGER
Vous avez compris, n'est-ce pas?
ROCxER.
Oui, madame.
JEANNE
Vous devinez pourquoi M. de Mauves n'est pas ici?
ROGER
Il n'avait pas décacheté vos lettres.
22't LE CLUB
JEANNE
Et VOUS VOUS dites que la femme qui a reru celle blessure, qui a subi, devant vous, cette humiliation, sera d'une conquête facile? Je n'ai pas voulu vous laisser partir avec cette pensée. Si la douleur que je viens de ressentir a été la j)lus cruelle et la plus vivo, elle ne m'a rien appris. Je sais que, dans le milieu où se trouve jeté M. de Mauves, la vie a d'inévitables entraînements. Les mœurs légères qu'on y tient en estime font les cœurs légers et nous ne pouvons nous montrer sévères pour des défauts qu'il est convenu de trouver charmants. M. de Mauves m'a peut-être oubliée un peu, mais je sais le respect qu'il a pour sa femme et je lui pardonne.
ROGEU.
Vous lui pardonnez? — Non, madame, non, vous ne lui pardonnez pas de ne pas vous aimer.
JEAN NE
Vous croyez que mon mari ne m'aime pas? Eh bien! je l'aime, moi. Vous supposez que je ne compte pas assez dans son existence? Il est tout dans la mienne. Et ne me dites pas qu'il s'éloigne de moi; j'ii'ai à lui.
KO G i:k.
Je ne crois i-icn, je ne su]»posc rien, je ne vous dis rien; ce que je vois trouble ma luison, et je me demande comment un homme, assez béni du ciel pour avoir méi-ité une femme telle que vous, peut vivre loin de vous, sans vous. Il me semble, à moi, que je n'existe que de l'heure où je vous ai vue.
JEANNE
Vous m'aviez promis, monsieur, de ne plus me tenir un jtai'cil langage.
ROGER
Eh ! que puis-je vous dire à présent que vous n'ayez cent Ibis deviné?