‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 165 sur 308 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ni trop exigeante. Tout est oublié; vous êtes là, près de moi, je ne demande plus rien.

F E II N A N D

Mais on dirait que vous revenez tout exprès pour la fête merveilleuse que donne madame de Savenay.

JEANNE

Vous ne le croyez pas.

Et quand cela serait ! Nous avons reçu une invitation toute spéciale et la comtesse tenait absolument à vous avoir. Elle voulait me forcer à user de mon autorité. Je n'en use jamais. Je comprends qu'une maîtresse de maison mette quelque orgueil à montrer chez elle la jolie comtesse de Mauves.

JEANNE

Flatteur!

FERNAND

Et VOUS êtes à un âge où il est bien permis d'aimer le plaisir,

Je trouverai un plaisir beaucoup plus grand à passer ma soirée avec vous.

FERNAND

C'est que je ne vous attendais pas et je me suis engagé... je serai forcé de m'abscnter.

JEANNE, le regardant avec élonnement.

Ce soir?

FERNAND, vivement.

Cela ne m'empêchera pas de vous accompagner au bal, et d'aller vous y reprendre.

JEANNE

Vous êtes forcé de me quitter ce soir ?

FERNAND

Et c'est un contretemps que je déplore autant que vous, mais vous savez les exigences de notre monde. Il y a ce soir commission au club.

JEANNE

Et vous ne renoncerez pas à votre club pour moi, le jour de mon arrivée?

FERNAND

Ilésiterais-je, si je n'étais formellement engagé? Vous serez au bal, je m'échapperai, et je reviendrai.

Mais vous ne pouvez pas me l'aire le sacrifice d'une soirée! Il me semble pourtant que je le méritais.

Est-ce que cela vous chagrine, Jeanne?

JEANNE, contenant pps larmes.

Non, mon ami, cela ne me chagrine pas; je passerai la soirée avec mon père.

, Agathe entre par le fond.

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