‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 164 sur 308 · SCÈNE XII Les Mêmes, FERNAND · texte numérisé non relu

SCÈNE XII Les Mêmes, FERNAND

FERNAND, entrant vivement.

Je suis désolé, ma chère Jeanne, de ne pas m'étre trouvé là au moment de votre arrivée.

JEANNE, montrant Roger.

Monsieur de Savenay.

ROGER

On m'a dit que vous me cherchiez, Fernand, et je suis accouru.

FERNAND

Oui, mais ce n'était pas urgent.

ROGER

Je comprends que le moment serait mal choisi pour vous occuper de moi, et je me retire, (n lui serre la main.) Je vous remercie, madame, d'avoir bien voulu m'autoriser à attendre le comte. Au revoir, Fernand.

nsort FERNAND, faisant asseoir Jeanne sur le canapé.

Vous devez être fatiguée, Jeanne.

JEANNE

Ce n'est pas un voyage, et je ne suis jamais fatiguée, moi, quand je reviens près de vous.

FERNAND

Pourquoi donc avez-vous hâté votre^retour?

JEANNE

Parce que mon père arrive aujourd'hui même à Paris

Le marquis de Lubersac!

Je vous l'avais annoncé, mon ami.

A moi?

JEANNE

Et vous n'avez pas ouvert mes lettres.

F E II N A N D

Dites que je ne les ai pas reçues, que Joseph ne me les a pas remises. Il devient idiot; je le chasserai, je... Croyez que je suis désespère'.

JEANNE

En tout cas, vous ne vous inquiétez pas beaucoup de votre femme.

FERNAND

Pouvez-vous supposer cela?

JEANNE

Ne cherchez pas à vous excuser; vous ne sauriez pas. Et j"aime mieux vous pardonner, si vous croyez avoir besoin de pardon.

!■' E ri N A N D .

Vous êtes un ange.

Je ne veux pas que vous m'aimiez parce que je suis un ange, ou parce que je suis votre femme. Je vou(h'ais que vous pussiez m'aimer parce que je vous plais.

F E II N A N D

N'est-ce pas ainsi que je vous aime?

JEANNE

Non, mais c'est ainsi que vous m'aimerez, je l'espère, pour cela, il ne faut pas que je sois maussade, n'est-ce pas?

Page 1