‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 208 sur 308 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

AUBEROCHE, interloqué.

Ah!

PIBRAC, se levant.

Comment?

ABEL, à Auberoche qui s'esquive.

Vous voilà renseigné.

PIBRAC, à Fernand.

Madame de Mauves est au bal?

FERNAND

Cela vous étonne, Pibrac?

PIBRAC

Moi? oui... non, non, au contraire.

Il a pris tout à coup à madame de Mauves un amour du plaisir que je ne lui connaissais pas.

PIBRAC, à part.

Oh! mari béte! oh! mari stupide!

FERNAND

.Je l'ai laissée un instant avec son père,

ABEL

Vous utilisez déjà le beau-père?

FERNAND, souriant.

Comme vous voyez.

PIBRAC, à part.

Ris, ris donc, brute!

FERNAND

Le marquis est très orgueilleux de sa lillc, et c'est charité de la lui laisser un peu. — Notre procès-verbal a-t-il paru ce soir?

ABEL

Ma foi, je n'en sais rien.

FERNAND, à nn vnlet.

Donnez-moi les journaux de la dernière heure.

ABEL, à part.

Il paraît assez calme.

On apporte ries journnux à Fernantl, qui les parcourt. P I B R A ('. , pendant qu'il lit, se parlant à lui-niénie,

Ta femme aime subitement le plaisir, parce qu'elle aime Savenay. Elle l'attend à ce bal où tu n'es pas, butor! Si Roger le savait! Mais Roger ne le saura pas. Il faut que les maris intelligents défendent les autres.

FERNAND, froissant le journal avec colère.

Comment ai-je signé cela?

ABEL, qui le regarde.

Oh! oh!

PIBRAC

Madame de Mauves, la vertu même! On ne peut plus compter sur rien. C'est effrayant, cela.

Charly, qui est entré sans voir Fernand, se trouve en face de lui.

Page 1