ACTE DEUXIÈME
AUBEROCHE, interloqué.
Ah!
PIBRAC, se levant.
Comment?
ABEL, à Auberoche qui s'esquive.
Vous voilà renseigné.
PIBRAC, à Fernand.
Madame de Mauves est au bal?
FERNAND
Cela vous étonne, Pibrac?
PIBRAC
Moi? oui... non, non, au contraire.
Il a pris tout à coup à madame de Mauves un amour du plaisir que je ne lui connaissais pas.
PIBRAC, à part.
Oh! mari béte! oh! mari stupide!
FERNAND
.Je l'ai laissée un instant avec son père,
ABEL
Vous utilisez déjà le beau-père?
FERNAND, souriant.
Comme vous voyez.
PIBRAC, à part.
Ris, ris donc, brute!
FERNAND
Le marquis est très orgueilleux de sa lillc, et c'est charité de la lui laisser un peu. — Notre procès-verbal a-t-il paru ce soir?
ABEL
Ma foi, je n'en sais rien.
FERNAND, à nn vnlet.
Donnez-moi les journaux de la dernière heure.
ABEL, à part.
Il paraît assez calme.
On apporte ries journnux à Fernantl, qui les parcourt. P I B R A ('. , pendant qu'il lit, se parlant à lui-niénie,
Ta femme aime subitement le plaisir, parce qu'elle aime Savenay. Elle l'attend à ce bal où tu n'es pas, butor! Si Roger le savait! Mais Roger ne le saura pas. Il faut que les maris intelligents défendent les autres.
FERNAND, froissant le journal avec colère.
Comment ai-je signé cela?
ABEL, qui le regarde.
Oh! oh!
PIBRAC
Madame de Mauves, la vertu même! On ne peut plus compter sur rien. C'est effrayant, cela.
Charly, qui est entré sans voir Fernand, se trouve en face de lui.