ACTE DEUXIÈME
FERNAND
Vous avez reçu ?
ROGER
Vos quinze cents louis: je les reçois.
FERNAND, à part.
Qui a pu envoyer cet argent en mon nom et sans me préenir ?
ROGER
Au revoir, Fernand. Vous ne m'avez pas traité en ami.
FERNAND
En êtes-vous surpris?
RO&ER
Je ne suis pas formaliste.
FERNAND
Êtes-vous vraiment pour moi un ami ?
ROGER
Que voulez-vous dire ?
FERNAND
Et n'éprouveriez-vous pas quelque embarras ce soir à me ^ndre la main ?
ROGER
A ce moment, oui. Car je ne comprends rien à vos laroles.
FERNAND
Vous êtes très eu \ue, Savenay, très à la mode, très aimé es femmes, et on s'occupe beaucoup de ce que vous faites. *ourquoi annoncer bruyamment, il y a huit jours, que ous partiez pour les Pyrénées, quand vous aviez envie tout implement d'aller à Étretat?
ROGER
C'est que j'ai changé d'idée.
FERNAND
Bien subitement.
El vous ne pensez pas que j'allais à Étretat, clans la saison des bains, pour m'y cacher.
Je pense que vous y étiez attiré par un intérêt très vif ■ et très tendre.
ROGER
On a l'habitude avec moi de chercher partout le roman.
El ici on a raison.
ROGER
Pourquoi ?
FERNAND
Je vous sais très chevaleresque sans doute et caiiahie d'allï'onter les plus grands périls pour plaire à une lenmie, mais je ne vous crois pas assez fou pour risquer voire vie sans y être entraîné pai- une raison sérieuse ou par une passion \iolente.
ROGER
Vous me parlez par énigmes.
FERNAND
Je vais être précis. Pourriez-vous me dire quelle était la ; personne que vous avez rencontrée sur la plage d'Aval, quand l'idée insensée vous a pris de descendre par la falaise?
ROGER
nui viius a donc si mal renseigné ?
FERNAND
Que vou.^ importe?