‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 224 sur 308 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

FERNAND

Vous avez reçu ?

ROGER

Vos quinze cents louis: je les reçois.

FERNAND, à part.

Qui a pu envoyer cet argent en mon nom et sans me préenir ?

ROGER

Au revoir, Fernand. Vous ne m'avez pas traité en ami.

FERNAND

En êtes-vous surpris?

RO&ER

Je ne suis pas formaliste.

FERNAND

Êtes-vous vraiment pour moi un ami ?

ROGER

Que voulez-vous dire ?

FERNAND

Et n'éprouveriez-vous pas quelque embarras ce soir à me ^ndre la main ?

ROGER

A ce moment, oui. Car je ne comprends rien à vos laroles.

FERNAND

Vous êtes très eu \ue, Savenay, très à la mode, très aimé es femmes, et on s'occupe beaucoup de ce que vous faites. *ourquoi annoncer bruyamment, il y a huit jours, que ous partiez pour les Pyrénées, quand vous aviez envie tout implement d'aller à Étretat?

ROGER

C'est que j'ai changé d'idée.

FERNAND

Bien subitement.

El vous ne pensez pas que j'allais à Étretat, clans la saison des bains, pour m'y cacher.

Je pense que vous y étiez attiré par un intérêt très vif ■ et très tendre.

ROGER

On a l'habitude avec moi de chercher partout le roman.

El ici on a raison.

ROGER

Pourquoi ?

FERNAND

Je vous sais très chevaleresque sans doute et caiiahie d'allï'onter les plus grands périls pour plaire à une lenmie, mais je ne vous crois pas assez fou pour risquer voire vie sans y être entraîné pai- une raison sérieuse ou par une passion \iolente.

ROGER

Vous me parlez par énigmes.

FERNAND

Je vais être précis. Pourriez-vous me dire quelle était la ; personne que vous avez rencontrée sur la plage d'Aval, quand l'idée insensée vous a pris de descendre par la falaise?

ROGER

nui viius a donc si mal renseigné ?

FERNAND

Que vou.^ importe?

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