ACTE TROISIEME
LE DOCTEUR, des fleurs à touU'S ses boutonnières.
Vous voyez, mesdemoiselles, que je suis comblé, absolument comblé. Mais voici Maxime qui n'a rien.
Comment, je n'ai rien?
Les jeunes filles vont à lui, il bVnfuil. LE DOCTEUR.
Ou presque rien.
ABEL
Docteur, avez-vous jamais vu des jeunes filles, vous ?
LE DOCTEUR
Mais j'en vois tous les jours.
ABEL
Non, non, vous n'en voyez pas, vous le diriez autrement. Les médecins ne voient que des malades.
LE DOCTEUR
J'ai un mot à vous dire.
ABEL
Tout à l'heure.
GENEVIÈVE
Mesdemoiselles, il faut changer notre étalage, nous avons l'air de ne rien vendre.
ABEL
Je vais vous aider, mesdemoiselles.
AGATHE, de sa boutique.
Ne me fuyez pas, docteur, je ne vous offre rien.
LE DOCTEUR
Mais je suis prêt à acheter, madame.
Non, ce n'est pas cet article-là, j'en ai imaginé un autre, m. 19
LE DOCTEUK.
Lequel ?
AGATHE
Vous le vei'i'ez bicnlùt. Je Tattends.
LE DOCTEUR, lui tâluiU le pouls.
Permettez donc, ^ou8 avez la fièvre.
AGATHE
C'est bien possible, on l'aurait à moins. J'ai passé la nuit à faire préparer mon article de vente, et depuis ce matin, je cours Paris pour que rien n'y manque. J'ai mangé quelques gâteaux chez Julien.
LE DOCTEUR
Mais je vous interdis absulum(;nt ce régime-là.
AGATHE, s-orlanl du sa boulicjue.
Oh! docteur, ne m'interdisez rien en ce moment, ce serait inutile. Apprenez-moi plutôt les nouvelles. La baromie de Morannes en est donc arrivée à ses fins? Le duel de son mai'i avec M. de Savenay est revenu sur l'eau ?
L i: DOCTEUR.
Je ne crois pas.
Alors, pourquoi avez-A(jus écrit ce matin à M. de Pibrac : « C'est convenu; demain au lever du soleil, je serai à Vincennes. Savenay peut com|iter sur iikjI ».
Li: DOCTEUR.
Pibrac vous a dil cela?
AGATHE
Je ne l'ai pas \u. Seulement, comme il m'a donné le droit d'être défiante, j'ai ouvert aujouid'hui toutes ses lettres.