‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 273 sur 308 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

JEANNE

Ayez l'obligeance de dire ù M. de Mauves que je désire lui parler.

PIBRAC

A l'instant, madame. (AUant au fond, à gauche.) Fernand?

Pibrac s'éloigne.

FERNAND, à Jeanne.

Me voici, Jeanne.

Vous vouliez savoir pourquoi j'ai envoyé à M. de Savenay l'argent qu'il vous avait gagné : c'est parce que le comte de Mauves ne pouvait rien devoir à un homme qui passe déjà pour l'amant de sa femme.

FERNAND

L'amant ! Songez-vous bien à ce que vous dites ?

JEANNE

On vous a menti. Ce n'est pas pour madame de Morannes que M. de Savenay est allé à Étretat, c'est pour moi.

FERNAND

Pour vous ?

JEANNE

Ce n'était pas madame de Morannes qu'il a trouvée au pied de la falaise, c'était moi.

FERNAND

Vous?

JEANNE

Cette femme a menti, sachant bien que M. de Savenay accepterait son mensonge.

FERNAND

Madame de Morannes...

Et VOUS n'avez iionsé qu'à elle ! Vous avez on cette pauvre Jeanne une cimlianee si entière, que vous ne songez ni à ce qui se dit autour de vous, ni à ce qui se passe autour d'elle.

Ce qui se passe ?

JEAN N E

Vous oubliez même, quand je suis au bal. de me renvoyer ma voiture, et il ne se trouve personne pour m"aceonipagner, pas même un valet. El sans M. île Savenay... mais que vous imixn'te? C'est donc moi qui prendiai souci de votre honneur. Vous ne pouvez pas mainlenant vous battre avec M. de Savenay.

Pouiquoi?

FERNAND

JEANNE

Parce que, pour tout le monde aujourd'hui, vous vous battriez pour voire femme.

FERNAND

Et croyez-vous que je ne me sentirais pas cent fois plus atteint, quand il s'airit de vous?

I i; ANNE.

Vous uublitz, monsieur, ((u'on peut se battre pour madame do Morannes, mais qu'on n'a pas à délendre madame de Mauves.

Vous avez raison, on n'a pas à dt''l'eDdre madanii! de Mauves. Et si, jinur éloigner de \oiis l'aniiarcnce mènie d'un soupçon, il faut subir la plus cruelle iU'<, humiliations, je la subirai. Je ne veux pas vous laisser douter, vous, ni personne, du respect quf je vous ai toujours gardé. .le ne cher-

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