JI A R T H E
Bien, papa. Qui inviterons-nous maintenant?
FLAVIGNAC.
Personne.
MARTHE
Mais le dîner que vous avez commandé chez Potel ?
FLAVIGNAC.
Je le mangerai seul, puisque je suis seul... seul et indépendant. Je le leur prouvei'ai. Je vais remettre ma jaquette!
n iM)lio dans sn c-luiriibn;.
* Marthe, l'iavif^nac.
SCKNK Q L'AÏ un: .MF- 409
M ART II lî, couruiil ouvrir la porte du cubinul ''".
Ne remuez pas, ne toussez pas, ne laites pas de bruit avec vos journaux !
A LOI DE, passant la tète.
Où est monsieur votre père?
MARTHE
11 remet sa jaquette. Le ministère est renversé : papa est de bonne humeur; je vais essayer de lui parler de vous.
ALCIDE
Oh ! je vous en prie.
MARTHE
Attendez sans bouger. (Aicide étemue.) Vous éternuez!
ALCIDE
C'est que ce cabinet est plein de poussière.
Il éternue de nouveau.
MARTHE
Encore! mais prenez garde, prenez donc garde.
Elle referme viveruenl la porte au moment où Flavignac parait de l'autre côtt'. FLAVIGNAC **.
Maintenant, je suis à mon aise.
M.\RTHE, le tenant éloigné du cabinet de travail.
Ce qu'il vous faudrait à vous, c'est un ami dévoué, qui vous ferait connaître ; vous êtes trop modeste.
FLAVIGNAC.
Oui, certainement, il me faudrait un ami... comme tu dis.
* Alcirlc, Marliiu.
** .Marthe, Fluvignac.
MARTHE
Ou un ennemi converti, ce serait encore mieux.
FLAVIGNAC.
Elle a le sens politique, cette petite.
MARTHE
Un concurrent, par exemple; votre concurrent aux dernières élections.
FLAVIGNAC.
Chamboret !
MARTHE
Ou un de ses parents.
FLAVIGNAC.
Des misérables!
MARTHE
Oh! papa!
FLAVIGNAC.
Ils ont envoyé une protestation contre mon élection.
MARTHE
Est-ce possible?
FLAVIGNAC.
Sans valeur, du reste. Je serai validé un de ces jours : on sait que j'ai été porté par le vœu spontané des populations. Mais tous ces Chamboret sont des paltoquets, dont je me vengerai un jour ou l'autre; ne me parle jamais de ces coquins. Mais ça me rappelle que je n'ai pas expédié ma lettre à mes électeurs.
Il se dirige vers son cabinet.
MARTHE, effrayûe.
Où a liez- VOUS?