‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 290 sur 308 · SCÈNE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE QUATRIÈME

FLAVIGNAC.

Je vais chercher ma lettre dans mon cabinet.

MARTHE

Vous n'avez pas le temps. Votre place est à la Chambre, au moment d'une crise !

FLAVIGNAC.

Oui, mais je tiens beaucoup à expédier aujourd'hui même ma lettre à mes électeurs, parce qu'on ne sait pas ce qui peut arriver demain.

MARTHE

Elle ne vaut plus rien.

FLAVIGNAC, étonné.

Qui a dit cela?

MARTHE

Vous écrivez que vous êtes inébranlable dans vos convictions.

FLAVIGNAC.

Eh bien, vous avez changé trois ibis de groupe.

FLAVIGNAC.

J'écris que je ne change pas, parce que je change; sans cela je n'aurais pas besoin d'écrire.

Il se dirige vers son cabinet.

MARTHE *

•Je VOUS préviens, papa, que, si vous entrez, vous serez retenu.

FLAVIGNAC

Par quoi?

* Flavignac, MarLhe.

MARTHE

Par... par le père Grenoux.

FLAVIGNAC, baissant la voix,

11 est ici?

MARTHE

Oui.

FLAVIGNAC.

Je le croyais au tribunal.

MARTHE

Moi aussi.

Et il s'est installé dans mon cabinet?

MARTHE

Vous savez bien qu'il se croit chez lui.

FLAVIGNAC.

Mais c'est insupportable, à la fin!

MARTHE, effrayée.

11 va VOUS raconter son procès.

FLAVIGNAC, baissant toujours la voix.

Oh! je n'entre pas, je n'entrerai à aucun prix; ne lui dis pas que je suis venu.

MARTHE

Soyez tranquille.

Flavignac se dirige à pas de loup vers la porte ilii fiiiul, qui s'ouvre, et I se trouve en face du père Gienoux.

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