SCÈNE QUATRIÈME
FLAVIGNAC.
Je vais chercher ma lettre dans mon cabinet.
MARTHE
Vous n'avez pas le temps. Votre place est à la Chambre, au moment d'une crise !
FLAVIGNAC.
Oui, mais je tiens beaucoup à expédier aujourd'hui même ma lettre à mes électeurs, parce qu'on ne sait pas ce qui peut arriver demain.
MARTHE
Elle ne vaut plus rien.
FLAVIGNAC, étonné.
Qui a dit cela?
MARTHE
Vous écrivez que vous êtes inébranlable dans vos convictions.
FLAVIGNAC.
Eh bien, vous avez changé trois ibis de groupe.
FLAVIGNAC.
J'écris que je ne change pas, parce que je change; sans cela je n'aurais pas besoin d'écrire.
Il se dirige vers son cabinet.
MARTHE *
•Je VOUS préviens, papa, que, si vous entrez, vous serez retenu.
FLAVIGNAC
Par quoi?
* Flavignac, MarLhe.
MARTHE
Par... par le père Grenoux.
FLAVIGNAC, baissant la voix,
11 est ici?
MARTHE
Oui.
FLAVIGNAC.
Je le croyais au tribunal.
MARTHE
Moi aussi.
Et il s'est installé dans mon cabinet?
MARTHE
Vous savez bien qu'il se croit chez lui.
FLAVIGNAC.
Mais c'est insupportable, à la fin!
MARTHE, effrayée.
11 va VOUS raconter son procès.
FLAVIGNAC, baissant toujours la voix.
Oh! je n'entre pas, je n'entrerai à aucun prix; ne lui dis pas que je suis venu.
MARTHE
Soyez tranquille.
Flavignac se dirige à pas de loup vers la porte ilii fiiiul, qui s'ouvre, et I se trouve en face du père Gienoux.