M A RT H E
Mais, papa...
FLAVIGNAC.
Je tiens à lui dire ça, — de la plus haute importance pour le pays. Vous ne voulez pas que je trahisse mon mandat.
GRENOUX.
Ne le trahissez pas, mon député. Recommandez au gouvernement de ne pas taquiner un pauvre électeur, maire de sa commune.
FLAVIGNAC.
Comptez sur moi. Mais, en ce moment, les plus graves intérêts sont en jeu, et vous comprenez que je dois être à mon poste, — je tiens à lui dire ça, — vous qui êtes patriote !
GRENOUX,
Oui, je suis patriote. Voilà pourquoi je ne veux pas que le gouvernement se rapetisse en me disputant trois pauvres champs, dont un de luzerne.
FLAVIGNAC.
N'oubliez pas que vous nous avez donné pour mission...
420 LES CONVICTIONS DE l'Al'A
MARTHE
Mais...
Je tiens encore à lui dire ça, — que vous nous avez donné pour mission d'augmenter les ressources, en équilibrant le budget.
Augmentez l'impôt sur les allumettes; moi, je me sers d'amadou. Mais il ne faut pas dépouiller un pauvre père de famille qui a toujours bien voté.
FLAVIGNAC.
\'o)'ons, père Grenoux, vous êtes riche?
GRENOUX.
Ce n'est pas une affaire d'argent.
FLAVIGNAC.
Comment?
GRENOUX.
C'est une affaire de sentiment.
FLAVIGNAC.
Vous ne connaissiez pas le défunt!
GRENOUX.
Je ne parle pas du défunt, mais des champs, (avcc emoiion.) Ces pauvres champs.
Il prend son moiiclioir de poche.
FLAVIGNAC, ba«, ù Hardie.
Console-le. Je m'esquive.
Il s"pchappe prir le l'uiid.
GRKNOIIX , C(inlinu;iiit.
Ces pauvres champs oii j'ai planté moi-même des petites