‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 296 sur 308 · SCÈNE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE SEPTIÈME

GRENOUX.

J'étais sur le palier à causer avec mon député.

MARTHE, inlerdite.

Ah!

A L C I D E , décontenancé.

Ah!

GRENOUX.

Que je suis donc fâché d'être revenu !

MARTHE

Pourquoi ?

ALCIDE

Pourquoi ?

GRENOUX.

Parce que jai vu monsieur Alcide.

GRENOUX.

Eh bien, notre député aura peur que je raconte dans le pays que j'ai trouvé chez lui le fils de M. Chamboret.

ALCIDE, vivement.

D'abord, moi, père Grenoux, je n'ai pas d'opinion.

GRENOUX.

Oh ! il ne faut pas dire ça, monsieur Alcide ; votre papa mettait dans ses affiches : « Ces principes sont dans mon » sang : ils m'ont été transmis par mon père, comme je » les ai transmis à mon fils, o

ALCIDE

Papa se vante; il se vante, papii.

GRENOUX *.

Fallait le dire. Mais c'est tout de même dur de penser ^ue de pauvres électeurs se cassent des bras et des jambes pour leur candidat, pendant que les candidats se donnent des poignées de main en cachette.

MARTHE, avec un sérieux comique.

Eh bien! non, père Grenoux, je ne veux pas qu'on accuse papa de manquer de sincérité dans ses convictions. 11 ne sait pas que M. Chamboret est ici.

Ah! le papa ne le sait point?

MARTHE

C'est moi seule que M. Alcide venait voir.

ALCIDE, nas, à Maitke.

Vous allez vous compromettre.

MARTHE, do même.

L'important, c'est que papa ne soit pas compromis comme député.

ALCIDE

Mais vous, mademoiselle?

MARTHE

Moi, je ne suis qu'une femme, (iiaut, à cronoux.) C'est moi qui ai lait cacher M. Alcide.

ALCIDE

Parce que j'ai eu peur.

• Alcide, Marthe, Grenoux.

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