SCÈNE DIXIÈME
d'imiter le chat; j'imite très bien le chat. S'il m'arrivait de renverser quelque meuble, un miaou formidable couvrait ce tapage insolite. C'était fort drôle. Je vous donne cela pour amuser vos lectrices.
ALCIDE, à part.
Mes lectrices? Il veut que je raconte que ma tante... oh!
FLAVIGNAC.
Depuis, je suis devenu député; mais le juge de paix est resté mon ami.
ALCIUE, à pan.
Pauvre oncle !
Et il a voté pour moi, bien qu'il soit le cousin germain de mon adversaire. Je ne vous raconterai pas les nombreuses aventures qui ont émaillé le printemps de ma vie. J"ai beaucoup plu aux femmes... Vous me voyez au nez une cicatrice?... On ne la voit peut-être plus; c'est égal, vous pouvez la noter : elle rappelle un combat terrible que me livra un mari jaloux, sur les toits; nous avions arraché chacun un paratonnerre, et j'eus la narine transpercée. J'étais svelte alors, élégant et beau diseur. Je ne vous oblige pas de dire cela; je ne demande qu'à rester dans l'ombre, mais c'est par ces menus détails qu'on donne à une physionomie toute sa couleur. J'ai beaucoup joué la comédie de salon, je représentais Agamemnon avec quelque succès.
Oui, c'est Agamemnon, c'est ton roi qui t'rveille ; Viens, reconnais la voix qui frappe ton oreille.
Je me préparais ainsi aux luttes de la tribune. On dit que je suis très éloquent... dans les commissions. (Arec modestie.) Ce sont des amis sans doute et j'ai trop de modestie pour me prononcer moi-même. J'ai noté : Très éloquent, — c'est pour mémoire, vous apprécierez. Mais, puisque nous rentrons dans ma vie politique, je veux appeler ma fille.
ALCIDE, stupéfait.
Pourquoi me raconte-t-il tout cela?
FLAVIGNAC, ouvrant la pnrt(> ;i dinite.
Marthe, tu peux rentrer, mon enfant.