ACTE PREMIER il
LÉONIDE
Et Joseph qui se sauve! Notre professeur au lycée nous disait que cette légende était douteuse.
PON'TAUBERT, à madame Pontaubert.
Nous aurions dû laisser Léonide à Montauban .
MADAME PONTAUBERT.
Nous venons pour elle.
PONTAUBERT, étonné.
Comment, pour elle?
MADAME PONTAUBERT.
Vous ne lavez pas deviné?
PONTAUBERT.
Non.
MADAME PONTAUBERT.
Vous avez une fille ravissante. Elle passe, à juste titre, dans notre département, pour une merveille de beauté. Tous les cœurs de Tarn-et-Garonne sont à ses pieds.
PONTAUBERT, vivement, à mi-voix.
Elle vous entend.
MADAME PONTAUBERT.
Elle le sait. Le hasard vous fait découvrir un parent, jeune encore, très à la mode, célibataire.
PONTAUBERT.
Brichanteau?
MADAME PONTAUBERT.
N'est-ce pas un mariage tout indiqué?
PONTAUBERT, ahuri.
Vous voulez marier Brichanteau?
MADAME PONTAUDERT.
Avec Léooide.
PONTAUBERT.
Voilà pourquoi nous avons l'ait le voyage?
MADAME PONTAUBERT.
Pas pour autre chose.
PONTAUBERT.
Eh bien ! Aménaïde, nous pouvons repartir.
MADAME PONTAUBERT.
Non, monsieur Ponlaubert, non, nous ne repartirons pas.
PONTAUBERT.
Si vous parliez ici de marier Brichanteau, tout le monde vous rirait au nez.
MADAME PONTAUBERT.
Vous aviez juré, vous aussi, de rester garçon; cependant, vous m'avez épousée, et je n'avais pas de mère, tandis que Léonide en a une !
PONTAUBEBT.
Je reconnais que c'est une force.
MADAME PONTAUBERT.
Je ne jetterai pas ma fille à la tète de votre cousin. Je l'inviterai d'abord à venir nous voir.
PONTAUBERT, ahuri.
A Monlauban?
MADAME PONTAUBEBT.
Il ne peut reluser cela à une parente.
PONTAUBERT.
Rricbanteau n'a jamais passé les fortifications.