ACTE PREMIER
EVELYNE.
Nous nous amusions à jouer au volant, tous les trois!
LÉONIE
Comme à la pension... Tu es prête à partir?
EVELYNE.
Toute prête... Mais Célestin vient de recevoir une lettre de sa tante, la chanoinesse, qui le prie de surveiller sa cueillette d'olives. Et on ne désobéit pas à la chanoinesse!
LÉONIE
Oh! que j'en suis désolée!
EVELYNE.
Nous irons vous voir plus tard.
LÉONIE
C'eût été si gentil d'arriver tous ensemble, pour le retour de noces!
Papa y comptait, madame.
EVELYNE.
NOUS lui aVOQS envoyé Une dépêche... (Présentant gravement
ceiestin.) Ah! M. Célestin Bavolet, mon seigneur et maître... Monsieuret madame Duplantain !... (a Léonie.) Veux-tu entrer?
LÉONIE
Mais non, c'est très agréable, ce petit jardin au milieu d'une ville!
EVELYNE.
N'est-ce pas?
DUPLANTAIN.
Et nous sommes forcés de repartir par le premier train, à quatre heures cinquante-sept.
EVELYNE.
Quand vous le manqueriez?
DUPLANTAIN, vivement.
Oh! madame, c'est impossible! nous bouleverserions notre itinéraire qui a été réglé par papa. Nous nous sommes arrêtés à Melun, à Tonnerre, à Dijon, à Beaune, à Chàlons, à Lyon, à Vienne, pour présenter madame Duplantain à des amis ou des clients de papa.
EVELYNE.
Mais, c'est un vrai travail?
Absolument!
Nous voici à Avignon, et nous rentrons au bercail pour y dîner?
EVELYNE.
Je n'insiste plus.
OSCAR
Lui, au moins, est amusant, (ils s'asseyent. On apporte un lunch.
a Duplantain.) Vous ne vous souvenez pas, monsieur, de m'avoir vu dans l'étude de maître Duplantain?
DUPLANTAIN. •
Chez papa?... Oh! oui, en effet, il me semble...
OSCAR, bas.
J'intervenais pour une jeune personne à laquelle un de mes amis servait une pension.
DUPLANTAIN.
La belle Angélique? Je voulais l'épouser!