SCÈNE III OSCAR, DUPLANTAIN, CÉLESTIN
CÈLES TIN, allant à Duplantain.
Comment relève-t-elle sa jupe, Clara Soleil ?
OSCAR, le montrant.
Voilà !
DUPLANTAIN.
Mon cher monsieur, c'est divin : supposez que j'ai une jupe; elle prend le bas entre le pouce et l'index, comme ceci, et elle relève tout doucement, en mesure...
C'est là, c'est là, Que je sens un moustique.
CÉLESTIN, de même.
Oh!
OSCAR, à part, riant.
Ils sont bons, là! tous les deux!
CÉLESTIN
Ça doit être empoignant !
DUPLANTAIN.
Je n'en ai pas dormi !
Moi non plus, je ne dors pas, depuis qu'Evelyne a parlé d'elle à la préfecture. Je grille de la voir!
OSCAR
Allons donc !
CÉLEST1N.
ïl faut qu'une femme soit bien séduisante, pour être si dangereuse !
OSCAR, à part.
Le voilà lancé aussi, lui !
CÉLESTIN
Elle donne un autre concert ?
OSCAR
Demain.
CÉLESTIN
Si je pouvais y aller !
DUPLANTAIN.
Qui vous en empêche ?
CÉLESTIN
Ma femme !
DUPLANTAIN.
On invente une réunion d'actionnaires.
Je n'oserais pas... devant elle !
DUPLANTAIN.
Vous êtes timide?... C'est comme moi! J'étais destiné, depuis ma plus tendre enfance, à remplacer papa comme notaire. Je n'ai jamais eu à m'occuper de mon avenir. Je suis resté comme un nourrisson qu'on aurait oublié de sevrer jusqu'à l'âge de quarante-cinq ans !
OSCAR
C'est beaucoup.