‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 115 sur 324 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

DUPLANTAIN.

Mais à présent, je suis notaire moi-même et marié; mon tour est venu !

OSCAR

Madame Duplantain est charmante!

DUPLANTAIN.

N'est-ce pas? Vous n'imaginez pas mon bonheur.

OSCAR

Si, si, parfaitement.

DUPLANTAIN.

Non. J'avais aimé certainement avant l'hymen... mais ce n'était pas correct... Ça me gênait. Tandis que maintenant... Si je vous racontais ma première nuit de noces...

OSCAR

Racontez donc, je vous prie !

Non ! Le cœur a ses mystères. Seulement , quand je marierai mes filles, je leur conseillerai de ne point prendre Paris, pour but de voyage de noces.

oscak .

Ah!

DUPLANTAIN.

Qu'elles emmènent leurs maris dans les Pyrénées, dans les Alpes!...

CÉLESTIN

Je suis allé en Ecosse.

DUPLANTAIN.

Ou en Ecosse... En face de la belle nature. Mais à Paris ! Jamais !

OSCAR

Pourquoi donc?

DUPLANTAIN, baissant la voix.

Ça m'a troublé, moi !

OSCAR, riant.

Bah!

DUPLANTAIN.

Effroyablement troublé.

Cependant, madame Duplantain était là?

DUPLANTAIN.

Comme un ange gardien... insuffisant.

OSCAR

Comment! insuffisant!... (a part.) 11 est merveilleux.

DUPLANTAIN.

J'arrive à Paris, avec ma femme... tout enivré d'amour. C'est permis, n'est-ce pas?

OSCAR

C'est même recommandé.

DUPLANTAIN.

Et là, je trouve des jeunes personnes, extraordinairement belles, qui me lancent des regards extraordinairement voluptueux ! Ainsi, cette Clara Soleil dont nous parlions, m'a regardé!

OSCAR

Elle? Où?

DUPLANTAIN.

Chez un client de papa... où elle chantait. Mon cher

Page 1