‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 168 sur 324 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

DUPLANTAIN.

Je le suis, Léonie, je le suis.

EVELYNE.

Généralement !

DUPLANTAIN.

Par principe !

LÉONIE,,,i Evelyne.

Je n'ai pas choisi M. Duplantain pour sa beauté, n'est-ce pas ?

DUPLANTAIN.

Elle est cruelle !

EVELYNE.

Enfin ! Il t'a plu !

Je l'espérais.

LÉONIE

Parce que son père me l'avait garanti !

EVELYNE.

Nous le ferons gronder par son père.

DUPLANTA IN.

Ne parlez pas de ça à papa, il me maudirait !

LÉONIE

Vous m'aviez déjà caché que vous fumiez !... Tenez, j'ai épousé un libertin!

DUPLANTAIN.

Libertin! jamais!... Quand j'étais célibataire, j'étais irréprochable !

vi. 15.

LÉONIE

Vous avez attendu d'être marié !

EVELYNE, à part.

11 n'est pas adroit.

DUPLANTAIN.

Je veux dire que ce sont les ivresses du mariage qui m'ont grisé !

Pour les autres femmes.

EVELYNE.

Il faudrait savoir comment les choses se sont passées.

DUPLANTAIN.

Précisément, tout est là!... Le train partait... Je me précipite... Je marche sur les pieds d'un monsieur qui se fâche... Ça me fait trébucher, et je tombe sur les genoux d'une dame ! Ça arrive tous les jours en omnibus. Je me relève vivement pour m'excuser et je me trouve dans l'obscurité. J'ai dû m'excuser de travers... Je l'aurai frôlée. Et une femme que l'on frôle s'imagine toujours qu'on va plus loin... Alors... Tu comprends...

LÉONIE

Parfaitement !

EVELYNE.

C'est très clair !

DUPLANTAIN.

Elle est calmée !

LÉONIE

Eh bien ! monsieur, pendant que vous embrassiez une dame blonde, un voyageur superbe embrassait votre femme!

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