ACTE TROISIEME
EVELYNE,
Mais monsieur, je ne veux rien !
ROLAND
Si l'Amérique ne vous effrayait pas ?
EVELYNE.
Moi ?
ROLAND
,1e mettrais tout ce que j'ai à vos pieds !
Monsieur...
ROLAND
VOUS êtes ravissante ! (il va l'embrasser quand madame Ragonaud ouvre la porte.)
MADAME RAGONAUD.
Oh ! pardon !
Elle veul se retirer.
Madame, j'ai mis du rouge à un de mes gants... j'en avais apporté une autre paire...
MADAME RAGONAUD.
C'est moi qui l'avais conseillé à madame... (Eiie va ouvrir le
placard, voit Céleslin, pous;e un cri, et referme vivement.) Oh ! ROLAND.
Qu'avez-vous ?
MADAME RAGONAUD.
Rien, monsieur, rien !
ROLAND
C'est un amoureux caché ?
EVELYNE.
Non ! monsieur.
MADAME RAGONAUD.
Je n'ai plus l'habitude... J'aime mieux m'en aller!
ROLAND
Les placards sont faits pour les amoureux... j'en ai usé quand j'étais jeune !
EVELYNE.
Mais non, monsieur, vous vous trompez, je n"enferme
personne dans les placards,.. (Elle va ouvrir et se trouve en face de
Céiestin.) Hein !
ROLAND, ahuri.
Mon neveu ! qui a fait semblant d'aller à Marseille pour rester près de vous...
Monsieur, vous allez jurer à M. le comte, que ce n'est pas moi qui vous ai introduit dans ce placard, et que vous n'avez aucun droit d'y être !
ROLAND
Monsieur, <m ne se cache pas chez une femme sans y être autorisé ; ce n'est pas d'un galant homme, et si vous n'étiez pas mon neveu ! Comment, monsieur, vous avez une femme jeune, jolie, aimable... Ce n'est pas une étoile comme vous, mademoiselle, mais elle est vertueuse, elle est dévouée, elle a des qualités solides... Et veuillez considérer que vous n'avez rien de séduisant!... Vous êtes tourné comme un pied de table, pas d'élégance, aucun esprit, muet comme une carpe ! Un oncle, mademoiselle, a toujours le droit de dire ses vérités à son neveu !
OSCAR, entrant.
Hein ? Il en est sorti !... C'est le bouquet!
ROLAND
Mon neveu! mon scélérat de neveu qui s'était caché dans un placard !